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Je suis grosse et je m’aime

Depuis quelques temps, je lis de plus en plus d’articles sur les filles rondes qui s’assument enfin, sur le body positive, sur l’acceptation de soi malgré les kilos, sur les diktats de la maigreur, bref, les articles de plein de femmes, comme moi, qui sont grosses et se trouvent belles quand même.

Alors, je vous préviens direct : moi, je dis « grosse ». Pour toutes les filles qui vont du surpoids à beaucoup plus, parce que merde, je vais pas différencier tout le monde, ou faire comme si le mot « grosse » n’existait pas. Mon amoureux a horreur que j’emploie ce terme, il a peur que je me dévalorise. Mais en fait, pas du tout : au contraire, il m’aide à dire des choses du genre « je suis grosse, je m’aime et je t’emmerde » (pas à mon mari, qui m’aime à la folie comme je suis, plus mince et plus grosse aussi, mais à tous ceux qui me renvoient justement cette image dévalorisée de moi). Donc je pourrais employer les mots « rondes », « plus size », « curvy », qui sont très à la mode, mais si ce n’est pour éviter une répétition, je ne les emploierai pas ici (même si je trouve que « curvy » est un joli mot).

Je vois donc tous ces articles, et ça me renvoie forcément à des choses très personnelles. Je n’ai pas toujours été grosse. C’est même très récent. Je ne suis pas, comme le voudrait le cliché qu’on me renvoie régulièrement à la figure, une goinfre orgiaque sans aucune volonté, merci. Il y a un millier de raisons d’avoir du poids, toutes aussi éloignées les unes les autres de ce cliché encombrant et déplacé.
Pour ma part, j’ai pris du poids suite à un traitement médicamenteux, puis à un régime alimentaire lié à ma maladie (on parle de traitement lourd et de régime qui dure plusieurs mois ici, pas de la guérison d’une grippe), puis, sans doute à cause de ces changements dans ma vie et à mon traitement invasif, j’ai continué, un peu chaque mois, à prendre, régulièrement, sans que ça ne s’arrête plus jamais.

Et oui, je suis aussi gourmande. Je pourrais être devenue parano, m’être affamée quand j’ai commencé à me voir grossir (après les 15 premiers kilos, tout de même), avoir enchainé les régimes, pleuré, essayer de rentrer dans mes fringues trop petites. Mais non, j’aime manger, je suis gourmande (ce qui signifie que j’aime un tas de choses et pas que le gras, les petits amis, on va essayer d’abattre les préjugés), je n’ai aucune envie de me priver pour un peu plus ou un peu moins de hanches ou de seins.

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Mais cela m’a fait réfléchir, beaucoup. Car après une bonne vingtaine de kilos supplémentaires un peu partout sur mon corps, j’ai du refaire connaissance avec moi-même, apprendre à connaitre cette nouvelle silhouette, à ne pas la subir au quotidien, avec les vêtements trop petits, par exemple. Cela m’a aussi fait réfléchir à mon rapport à mon corps, tout au long de ma vie. A l’impact de la société et des diktats de la minceur ou de la maigreur sur moi. A l’impact de ma famille aussi.

Car pendant tout ce temps, alors que j’étais si mal de ne plus pouvoir m’habiller, de tourner entre 3 t-shirt et 1 jean (car pour faciliter les choses, ma prise de poids est arrivée en pleine période de vaches maigres), ma mère continuait à me dire lorsqu’elle me voyait, ou que j’ai commencé à acheter mes vêtements en 40, puis 42 (j’ai arrêté de lui en parler quand je suis allée au delà) :

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C’est ma mère qui m’a fait prendre conscience de tout ce baratin, de toute cette pourriture que j’ai pu avoir dans la tête.
Pourquoi est-ce qu’il fallait songer à perdre du poids ? Je rentrais dans du 40 la première fois qu’elle m’a fait la remarque, et n’étais absolument pas en surpoids. Ma tête s’est remplie d’un courant glacial, comme si elle m’avait jetée, comme si mes kilos faisaient de moi quelqu’un de pas assez bien pour elle.
Avoir du poids était comme devenir un gros mot ambulant, une insulte à la bonne santé, un panneau en 4 par 3 disant « je ne prends plus soin de moi, je ne m’aime plus, je suis une grosse vache ». Et ce, depuis une toute petite taille 40.

Lorsque j’ai enfin pu acheter de nouveaux vêtements à ma taille (j’avais alors atteint un bon 42 et gagnais joyeusement sans m’en rendre compte le 44), que j’ai commencé à réapprendre à me mettre en valeur, à m’habiller en me trouvant belle, et que je lui en ai fait part avec bonheur (« je ne suis enfin plus habillée comme un sac ! Youhouh !!!) J’ai de nouveau entendu « Il faudrait perdre un peu de poids, Bérengère ». Pas un commentaire sur la jolie jupe que je venais de m’acheter.

Depuis quand ça durait ? Et qu’est ce qu’elle savait de la perte de poids, elle, qui est grande et d’une nature maigre ?
J’ai alors repensé à un truc horrible. Quand j’avais 15 ans, 48kg pour 1m60 (je fais désormais 1m62), sportive mais avec un petit ventre qui m’est naturel et n’est jamais parti malgré des années de séances d’abdos, elle m’a dit :

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Si on t’a dit ça à toi aussi, le truc du « si tu fais 1m60 tu dois faire 50kg, si tu fais 1m73, tu dois faire 63 kg, laisse moi te confirmer : c’est du

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Le poids de forme ne se trouve pas comme ça et il est très dépendant de la morphologie de la personne. Il est d’ailleurs toujours plus élevé que PILE ta taille en centimètres moins 110.
J’avais 15 ans, putain. Je faisais un 85B et j’avais rien dans les hanches. Sérieusement, COMMENT j’aurais pu ne pas dépasser 50kg ? J’ai même continué à grandir (Bon, ok, j’ai pris 2 cm).

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Bien entendu, j’ai caché à ma mère ma prise de poids jusqu’à 50kg, puis 52 à mes 18 ans, puis 54 à mes 20 ans. Et je les vivais comme une honte de la fille qui ne savait pas gérer son poids.
Avec le recul, il est évident que tous ces kilos n’étaient que la nature qui s’était logée dans mon cul, dans mes seins, mes hanches, parce qu’il se trouve que je ne suis absolument pas foutue comme ma mère. Je suis PULPEUSE.

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Lorsque j’ai travaillé, je suis arrivée dans un bureau rempli de filles au régime. Elles étaient belles, intelligentes, compétentes, sympas, et au régime. Je me suis dit « avec mes 56kg, j’ai du poids à perdre. Je dois retrouver mes 52kg de mes 18 ans, j’étais bien ». J’avais 23 ans et j’avais les mêmes mensurations que Scarlett Johanson à la même époque (mais ça ne m’a pas arrêtée). Lorsque j’ai dit à mes parents que je suivais un régime (pas bien invasif, un weight watchers), ils ne m’ont pas dit « pourquoi ? » ou « ça sert à rien ». Ils m’ont dit « tu devrais faire attention, les régimes comme ça, ça a souvent un effet yoyo ». Je suis assez persuadée que j’ai du sortir ce genre de conneries à d’autres personnes aussi. Bien sûr, oui, il y a l’effet yoyo. Mais à quel moment tu envoies le message que NON, ta fille n’a pas besoin de régime ?

Le pire, c’est que pendant les années qui ont suivi, à chaque fois que je prenais un kilo, tout mon entourage me disait « Oh, tu es bien en ce moment, tu as perdu du poids, non ? » Eux aussi étaient persuadés qu’on valait plus avec moins de poids. J’avais bonne mine, j’avais les joues plus roses, il m’arrivait forcément un truc positif. J’avais l’air en BONNE SANTÉ, j’avais FORCÉMENT perdu du poids.
En fait, j’avais pris du poids. Oui j’étais en bonne santé de manger à ma faim et avec plaisir tout ce que je voulais, j’étais en fait plus ronde, plus appétissante, et OUI ça me donnait bonne mine et l’air joyeux et épanoui.
Et ils croyaient TOUS que j’avais perdu du poids parce que dans leur tête c’était ça, le truc positif.

Alors je ne blâme pas celles qui ont fait des régimes, qui en font encore. On a chacun notre propre vision de notre corps et de notre santé. Nous sommes inégaux face au poids, face à la prise et à la perte de poids, face à l’impact qu’il a sur notre santé. Sachez qu’une personne grosse n’est pas nécessairement en mauvaise santé. Donc arrêtez de vous cacher derrière cette excuse lorsque vous nous faites des remarques, merci. La prise de poids n’est pas non plus une preuve de laisser aller. Elle peut aussi être une preuve de bonheur (on connait tous ces couples qui prennent des kilos les premiers mois de leur relation).

J’ai donc pris ce recul sur mon passé, j’ai revu mon entourage m’envoyer continuellement des messages prônant la maigreur, je me revois me lamentant sur mon poids, espérant le perdre, encore et toujours, même quand je n’en avais pas besoin.

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Déjà, c’est pas vrai, j’étais pas grosse. Et puis ce qui était très vrai, c’est que je ne m’aimais pas. Maintenant, de ce point de vue là, ça va beaucoup mieux. Oui je m’aime avec mon gros cul rebondi, avec mes seins qui me gênent lorsque je dors sur le ventre, avec mon ventre gonflé à bloc.

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Même que je m’aime encore mieux. Je veux bien soutenir les copines qui cherchent à perdre du poids, mais elles ne m’entendront jamais dire que « c’est bien ». Je m’en fous de votre cul, de votre poids, de vos gros bras, je vous aime toutes entières comme ça. J’ai aimé mon mari avec ses 110kgs moelleux quand je l’ai rencontré et que j’étais un petit gabarit, je ne l’aime pas moins maintenant et il ne m’aime pas moins non plus. Mon poids ne m’empêche pas de continuer à marcher beaucoup, voyager, créer.

Je ne sais pas pourquoi ma mère continue constamment à me dire de perdre du poids. Pour moi il était évident ces derniers temps que ma maladie, mes problèmes de fatigue et le fait que j’aie été sans domicile fixe (mais pas à la rue, certes) pendant 1 an et demi étaient des soucis autrement plus importants pour moi à régler. Il faut croire que les kilos, c’est trop voyant. Et puis on a toujours été douées pour s’inquiéter de choses très différentes, dans la vie.
C’est vrai que j’en veux à ceux qui m’ont envoyé tous ces messages restrictifs (et j’ai pas parlé de ceux concernant mes poils, je vous ai épargné ça, mais c’était pas triste non plus), maintenant je dois me diriger sur le chemin de l’apaisement et du pardon.

Mais ce sont nos parents, notre famille, notre entourage proche. Ils ont une influence sur nous, qu’ils le veuillent ou non, et que nous le voulions ou non.

Ne laissez pas tous ces gens avoir ce pouvoir sur vous. Aime toi, aime toi et aime toi encore. Eux, ne sauront jamais ce que tu penses, ce que tu vis et ce que tu ressens. Ils n’ont aucun droit sur toi.

Aime toi.

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PS : Bon, comme j’en ai un peu mis dans la tête de ma pauvre maman dans cette note alors qu’elle a rien demandé, la prochaine fois je parlerai de mon père. Et vous verrez, on va bien se marrer.

PPS : Pour ce billet et le précédent, j’ai fait beaucoup de colorisation à la main, pour changer ? Ça vous plait ou vous préférez quand je colorise à l’ordinateur ?

RAM, RSI : je cours après ma santé, mais mieux informée !

J’aurais pu faire un édit de mon post RSI, RAM, CPAM : quand c’est la santé qui aura ma peau, mais je préfère écrire carrément un nouvel article pour raconter la brève suite de cette histoire de RSI, de RAM, bref, de sécurité sociale pour les néophytes.

Non, le RSI n’a pas passé la 5e pour traiter mon dossier. Malheureusement, et on a vraiment l’impression qu’ils ont étudié le problème pour éviter l’ingérence des assurés, c’est la RAM qui reçoit le dossier, mais elle le transmet par la suite au médecin conseil du RSI et c’est au RSI que ton petit dossier va trainer puis être traité selon leur bon vouloir, sans possibilité de savoir où ça en est.

Pendant cette semaine où ça a été la course, j’ai appris plusieurs choses :

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C’est à votre médecin traitant de faire votre suivi de soins, et donc de vous prévenir quand la prise en charge touche à sa fin. Faut-il encore qu’il y jette un coup d’œil de temps en temps. En plus s’il est informatisé, il peut lancer un protocole d’urgence. Je devrais peut-être changer de médecin traitant…

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Je n’ai jamais réussi à joindre quelqu’un pour ma mutuelle. Du coup je ne suis pas prise en charge entre mes deux ALD.

45_ram04Ce qui signifie que je serai remboursée des 300€ que je devrai payer à mon pharmacien (correspondant au tiers payant de mon médicament mensuel qui vaut un mois de salaire) puisque ma mutuelle a décidé que c’était pas la peine de répondre à ses assurés.

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Déjà, je l’avais dit dans mon post, j’avais réglé un maximum de choses dès le lendemain, notamment grâce à la RAM qui a des bureaux dans Paris, à côté du métro. C’est gris et tristoune mais il n’y a jamais la queue et on est bien accueilli.
Les agents sont très sympathiques et à l’écoute. Les agents du RSI sont sympas aussi, mais franchement plus durs à trouver (dans le 15e arrondissement, il faut entrer dans un immeuble et les trouver au fond d’un couloir derrière une porte coulissante sans aucun panneau indicatif —si ça n’a pas changé depuis ma dernière visite), et te renvoient souvent vers la RAM. Le RSI, ça a vraiment l’air d’être une bande de peureux qui veut jamais avoir à affaire avec les assurés. Peu de bureaux, peu de contacts, pas de réseaux sociaux, un tas d’autres sites qu’eux en première page de recherche Google.

Je remercie également la RAM d’avoir été réactive suite à mon post sur twitter, j’avoue que je ne m’y attendais pas. Il m’ont contactée et après avoir constaté qu’ils ne pouvaient pas m’avancer puisque tout était entre les mains du RSI, se sont fendus de plates excuses, ce que, j’avoue, je trouve très élégant.

Merci le community manager de la RAM.

Voici un petit extrait de leur message :

La validation d’un 100% au titre d’une Affection de Longue Durée (ALD) est traitée par le Médecin Conseil du RSI. De fait la Ram n’a pas la possibilité d’intervenir à ce sujet, notre organisme sera averti en même temps que vous de la prolongation afin de mettre votre dossier à jour (…) J’ai bien compris que l’absence d’un courrier de rappel pour la prolongation de votre ALD était le principal reproche formulé () Toutefois votre mécontentement vis à vis de notre organisme n’en est pas moins compréhensible et nous allons étudier les possibilités d’amélioration afin d’éviter ce genre de situation à l’avenir (…) Enfin je vous prie d’accepter nos excuses pour le désagrément occasionné par cette situation. Je reste à disposition si besoin et vous souhaite une bonne journée.

Bon, à partir de maintenant je vais devoir harceler le RSI, me rendre dans leurs bureaux, puisque eux sont invisibles sur les réseaux sociaux. Ils ont du en avoir marre de se faire insulter à longueur de temps.

En vous souhaitant une bonne santé, à bientôt !

PS : bien entendu j’ai passé tous les passages techniques, répétitifs par rapport à ma note, ou personnels dans le message que la RAM m’a adressé via twitter.

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RSI, RAM, CPAM : quand c’est la santé qui aura ma peau

Il fallait que ça arrive, le RSI a encore fait des siennes (enfin, la RAM, mais elle n’a pas encore atteint la notoriété du RSI, donc je raccourcis pour les néophytes). Vous vous souvenez de mes misères administratives (les médicales, parce que je n’ai jamais résolu mon problème de RSA) ?
Eh bien hier, je vais à la pharmacie commander mon médicament en toute innocence…

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J’entame donc une longue et triste campagne de harcèlement du RSI, de la RAM (même si les agents d’accueil sont toujours adorables avec moi), de l’État qui laisse tomber ses malades incurables. Vous pouvez m’accompagner, si vous le souhaitez, d’abord sur twitter, puis / ou relayer sur le média de votre choix pour mettre en avant le fait que les caisses d’assurance maladie, toutes utiles soient-elles (attention, je suis POUR le système de solidarité français et POUR l’assurance maladie qui sont des acquis sociaux hautement important à mes yeux. Je déteste juste la façon dont l’administration à la française a le don de compliquer à l’extrême les choses simples) ne préviennent plus les assurés de la fin de leur prise en charge, malgré les traitements à plusieurs centaines ou milliers d’euros sur lesquels ils ne peuvent se permettre de faire l’impasse.

Bref, vous comprendrez ma colère et mon dénuement face à l’incohérence d’une administration dépassée et de plus en plus vide de sens, voire de sens commun (c’est pire).

 

PS : j’ai fait de nombreuses démarches depuis hier pour tenter de résoudre ce souci au plus vite. Et histoire de prévenir les éventuels commentaires qui voudront m’apprendre la vie, et ceux qui ne connaissent vraiment pas ce type de procédure : oui, il est écrit sur la demande de protocole la date limite de celui-ci. En revanche, vous vous souvenez de ce genre de choses, vous, des années plus tard ? Un courrier, c’est vraiment pas de trop.

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#Leprixdelavie : quand les labos décident qui doit vivre ou mourir

Avant de commencer cet article un peu long, comme à chaque fois que j’aborde un sujet grave, je fais ce petit rappel : excusez certains de mes raccourcis, je compte avant tout sur une connaissance minimum du sujet et de l’actualité. Je n’ai, par ailleurs, pas de vocation journalistique. Je donne ici mon opinion, car je suis concernée par le sujet, comme lorsque j’évoquais le harcèlement de rue relayé par les grands médias.

Avez-vous vu la campagne Médecins du Monde qui circule sur les réseaux sociaux qui a été interdite d’affichage ? Une pétition a été lancée à sa suite pour faire baisser le coût des médicaments.

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J’ai vu plusieurs réactions sur la vénalité des médecins que je trouve tout à fait déplacées et preuve d’une grande ignorance : bien qu’ils soient démarchés par les laboratoires, ils ont la possibilité de faire leurs choix avec intelligence et n’ont aucun impact sur les prix des médicaments. Qu’ils fassent les mauvais choix a plus de rapport avec leur discernement qu’avec les laboratoires à proprement parler.
Les laboratoires, eux, profitent, dans tous les sens du terme, du marché de la santé. Ce sont eux qui fixent les coûts. Pas seulement en fonction du prix de recherche et de fabrication d’un médicament, mais aussi de la rareté des utilisateurs. Plus votre maladie sera rare, plus il sera difficile de la diagnostiquer, et plus il sera difficile de trouver un laboratoire qui travaille dessus. Vous n’êtes pas assez rentable. Vous méritez visiblement de mourir à leurs yeux. Et ça, ça me rend absolument folle.

Vous trouvez que pour les médicaments classiques, ce n’est pas si cher ? Avez-vous essayé d’aller dans une pharmacie sans carte vitale ? Avez-vous tout au long de l’année regardé le détail de vos décomptes de sécu et calculé l’argent que vous aviez économisé ? Parce si il y a bien un autre truc qui me rend folle, ce sont les gens qui critiquent la sécu. Savez-vous combien elle vous aidera lorsque vous déclarerez un cancer ? Ah, vous n’y avez pas réfléchi.

Je vais vous donner un exemple très concret. Il y a 3 ans, on m’a diagnostiqué une maladie chronique, une MICI. Ce n’est pas une maladie rare. C’est même une maladie de plus en plus courante (en constante augmentation d’après une étude Empimad), probablement à cause du stress grandissant de notre génération, des pesticides dans la bouffe et des OGM. Mais bon, je suis pas là pour cracher sur ces politiques même si je le pense très fort. J’ai une maladie qui se soigne depuis une dizaine d’années. On m’a d’abord bourrée de cortisone pendant plusieurs mois pour calmer ma crise. Puis, je suis passée a des petits pilules immunodépressives, qui n’ont pas vraiment eu d’effet. C’est alors qu’on m’a proposé un traitement plus invasif, un anti TNF utilisé depuis quelques années pour les maladies auto immunes qui s’avère très efficace. Ce traitement comporte des effets secondaires particulièrement désagréables, qui peuvent aller jusqu’au cancer et à la sclérose en plaque. On ne peut pas vraiment dire qu’il soit parfait. Mais il est largement répandu, au delà des MICI (polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn…). J’ai dit oui à ce traitement et j’ai appris à l’utiliser à l’hôpital (il s’agit d’une piqure, les petits loups). Puis, j’ai du l’acheter moi-même pour me faire ma première piqûre. Voici ce qui s’est passé :

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Au passage, lorsque l’on décide d’interpeler SANOFI sur twitter, leur réaction est : « Nous ne parlons pas de nos produits publiquement ». Oui. Je comprends. Tout ce qui pourrait ressortir d’une conversation publique serait vraiment

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(Vous connaissez twitter, j’ai renoncé à trouver le tweet exact dans ma timeline. J’ai donc uniquement retranscrit le sens de leur réponse. Mais si vraiment ça vous turlupine, je prendrai le temps de le faire).

Une dernière info qui ne me concerne pas et que je ne dessinerai pas mais qui, je l’espère, vous fera hurler :33_medicaments22
Avez-vous vu ce petit extrait du zapping dans un labo avec un chercheur qui nous explique que le remède au cancer du sein a été trouvé (extrait du documentaire « Le Prodit ou la vie » de Frédéric Castaignède). Et où il explique aussi… Que le labo l’a abandonné car pas assez rentables. On y revient : nous méritons de mourir lorsque nous ne sommes pas assez rentables. Et on passera sur Bayer qui poursuit la Commission Européenne pour avoir restreint l’usage de ses pesticides… qui tuaient les abeilles… indispensables pour l’écosystème. SANS BLAGUE ??? Mais je m’égare.

Voilà pourquoi ce sujet, trop méconnu, du profit des laboratoires, du coût des médicaments et de la mort, me touche à ce point. J’espère que ça vous aura touché aussi et que vous réagirez en conséquence. Moi en tout cas, ce n’est pas la société dans laquelle je veux vivre.

(n’oubliez pas de relayer la campagne et que vous pouvez utiliser le hashtag #Leprixdelavie )

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