féministe

Droits des femmes : rien n’est acquis

Ces jours ci, nécessairement, je m’inquiète par rapport à ce qui se passe aux États-Unis. À peine investi, Donald Trump et son cabinet ont supprimé de la page web de la maison blanche les pages sur le réchauffement climatique et le mouvement LGBT.

Il est si facile d’oublier que ça existe quand ce n’est plus sous nos yeux.

On parle beaucoup ces temps ci de sa guerre contre les médias, mais Trump est en guerre contre de nombreuses autres choses. Ici, on note le combat pour l’écologie, l’assurance santé, les droits des femmes et des gays, lesbiens et transgenres. Une guerre qui moi me révolte, car quand un droit est acquis on ne devrait pas revenir dessus.

Ce week end la women march était impressionnante et on pourrait s’attendre à une considération de la part du gouvernement américain. Mais il est évident qu’il signifie surtout une chose : les droits des femmes sont loin d’êtres acquis. Il faut continuer à communiquer, s’informer, et se battre pour conserver ce que l’on a et gagner de nouveaux combats. Non les femmes ne sont toujours pas considérées comme les égales des hommes en occident.

Hier, comme pour tirer un trait significatif sur la woman march, Trump et son cabinet ont retiré le soutien du gouvernement pour toutes les ONG soutenant le droit à l’avortement. Là je crois qu’on touche le fond. Le fond de notre vagin. Il semble être soumis à l’évaluation, l’approbation et la décisions d’hommes (blancs) qui n’ont aucune idée, pas la moindre petite idée de ce qu’avoir un vagin implique dans la vie. Et ça, sérieux, je crois que ça a achevé de me mettre hors de moi.

Pourquoi est-ce que la situation des USA m’inquiète alors que ce n’est pas mon pays ?

Ma réponse est simple :
L’information circule, et ce qui se passe aux USA influence nécessairement le monde (un peu comme la petite délinquance qui regarde trop Les Experts et pense que mandat de perquisition et légitime défense existent en France). Le fait que certaines lois passent aux États Unis donne une impression de faisabilité en France. S’ils le font, pourquoi pas nous ? De la faisabilité, on passe vite à une impression PIRE : la normalité.

Si une situation finit par paraître normale, plus personne ne s’insurge. Il n’y a rien de pire que la normalité (déjà grand ami du sexisme latent de notre société).

Je ne peux que me réjouir de voir la lutte féministe grandir et revenir à travers le monde, et maintenant plus que jamais, il faut agir !

Women march :
https://www.womensmarch.com/

Je vais te baiser : Pourquoi la voix d’un homme compte-t-elle plus que celles de 100 femmes ?

Pour cet article à venir, je vous demande un peu d’indulgence : trop de choses se bousculent qui devraient être racontées mais on n’a pas assez de place ici 🙂 Je n’ai pas écrit de thèse sur le sujet, ceci est un blog, j’y exprime simplement mon point de vue. Je vais donc faire de mon mieux, et rester sur mon sujet, j’espère que vous suivrez, et si vous avez des questions vous savez quoi faire !

Je voulais réagir à l’article que je n’ai pas arrêté de voir circuler, nommé « Je vais te baiser ». Relayé par différents médias type l’Obs, le Monde, etc. Au début, je n’ai pas voulu lire cet article, le titre m’avait rebutée. Trop lu de récits d’agressions, ai trop vu d’agressions. Pour rappel, j’ai 35 ans, ça fait donc une bonne vingtaine d’années que je suis affublée de « salope » dans la rue, entre autres. Bref, à force de voir apparaitre et apparaitre encore cet article et ses relais dans les médias, j’ai fini par lire le papier de l’Obs à ce sujet.

Je ne parlerai pas du contenu de l’article à proprement parler, mais de l’impression choquante générale qu’un article de ce genre est, comme par hasard, relayé au moment où il est écrit par un homme. Car cette histoire d’agression, de harcèlement de rue, est racontée par un homme, de son point de vue.

Puisqu’il faut toujours replacer les choses lorsqu’on s’apprête à parler de féminisme, ou d’un point de vue féministe (et ça devient lassant), sous peine de se faire traiter de tous les noms (quelle ironie ! L’égalité devrait pourtant commencer ici) : je pense qu’un homme peut être féministe et soutenir la cause des femmes. C’est même génial. C’est très bien que ce gars aie écrit cet article sur cette femme agressée dans le métro. Tant mieux si ça ouvre les consciences. Ce n’est pas ce qui m’a choquée ici :

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Continuez, s’il vous plait, à parler de tout ça, à multiplier les récits.

Envahissez les réseaux sociaux, racontez vos agressions (je poste un tweet à chaque fois que ça m’arrive), racontez combien de fois ça vous est arrivé, depuis combien de temps, sinon, comment se rendraient-ils compte ?

Qu’enfin, plus jamais je n’entende une seule personne me dire de nouveau :

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Le jour où un ami m’a précisément dit cette phrase, il a même été surpris de la vitesse à laquelle je lui ai affirmé qu’il pouvait demander à n’importe quelle fille présente, toutes répondraient qu’elles avaient déjà subi des harcèlements de rue. Non seulement c’était le cas, mais sa propre copine avait subi une agression sexuelle dans le métro (on définit malheureusement trop mal une agression sexuelle et on les minimise trop souvent), et une autre amie présente avait subi une tentative de viol. Et encore, je ne parle pas de moi, parce que ce n’est pas l’heure, ni de toutes celles de ma connaissance qui n’étaient pas présentes, et je n’oublie pas celles qui n’ont jamais osé en parler, car elles n’en existent pas moins.

Je ne crois pas que ce soit trop demander que la parole qu’on écoute systématiquement ne soit que celle des hommes.

Lisez, écrivez, PARTAGEZ, et que les hommes qui me lisent comprennent enfin : une femme qui parle de harcèlement, d’inégalités, d’agressions sexuelles, ou même qui tient simplement d’autres propos féministes n’est pas une femme qui se plaint. C’est une femme qui alerte, car seules les femmes peuvent le faire. C’est une femme qui évoque simplement sa réalité, en tant que femme dans notre société.
Il n’y a pas de raison de mettre en doute sa parole. Ce n’est pas une hystérique (d’ailleurs ce mot ne devrait plus être utilisé, puisqu’il désigne un mal imaginaire, je vous invite à vous renseigner). C’est ta sœur, ta femme, ta mère, ta voisine, ta fille, ta petite-fille (oui, ta petite fille de 11 ans qui est probablement déjà en train de se faire traiter de pute par ses petits camarades de classe).
Elle mérite autant que n’importe quel homme d’être écoutée, entendue, relayée. Moi, je demande juste : pourquoi ce n’est pas déjà le cas ?

Merci de m’avoir lue.

*  d’après l’étude réalisée par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh)

• Pour en savoir plus sur ce sujet, je vous invite à lire cette note de Diglee dans laquelle on perçoit nettement à quel point la voix d’un seul homme a plus de poids que les voix de centaines de femmes : Angoulême 2016 et sa bourde sexiste

• De manière générale, je vous invite à lire le blog de Diglee, qui en plus d’être drôle et d’avoir un dessin génial, écrit de façon bien plus renseignée sur le sujet : http://diglee.com/

• Je vous invite également à lire la très récente note de mon amie Madame Sourire de son point sur la question de vue de professeur au collège, et comment elle travaille tous les jours avec passions pour offrir le meilleur à ses élèves et faire en sorte de faire évoluer les mentalités (oui, je l’admire beaucoup !) : Mais Madame, vous êtes féministe, vous ?

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