FRENCH DIARY

Je suis grosse et je m’aime

Depuis quelques temps, je lis de plus en plus d’articles sur les filles rondes qui s’assument enfin, sur le body positive, sur l’acceptation de soi malgré les kilos, sur les diktats de la maigreur, bref, les articles de plein de femmes, comme moi, qui sont grosses et se trouvent belles quand même.

Alors, je vous préviens direct : moi, je dis « grosse ». Pour toutes les filles qui vont du surpoids à beaucoup plus, parce que merde, je vais pas différencier tout le monde, ou faire comme si le mot « grosse » n’existait pas. Mon amoureux a horreur que j’emploie ce terme, il a peur que je me dévalorise. Mais en fait, pas du tout : au contraire, il m’aide à dire des choses du genre « je suis grosse, je m’aime et je t’emmerde » (pas à mon mari, qui m’aime à la folie comme je suis, plus mince et plus grosse aussi, mais à tous ceux qui me renvoient justement cette image dévalorisée de moi). Donc je pourrais employer les mots « rondes », « plus size », « curvy », qui sont très à la mode, mais si ce n’est pour éviter une répétition, je ne les emploierai pas ici (même si je trouve que « curvy » est un joli mot).

Je vois donc tous ces articles, et ça me renvoie forcément à des choses très personnelles. Je n’ai pas toujours été grosse. C’est même très récent. Je ne suis pas, comme le voudrait le cliché qu’on me renvoie régulièrement à la figure, une goinfre orgiaque sans aucune volonté, merci. Il y a un millier de raisons d’avoir du poids, toutes aussi éloignées les unes les autres de ce cliché encombrant et déplacé.
Pour ma part, j’ai pris du poids suite à un traitement médicamenteux, puis à un régime alimentaire lié à ma maladie (on parle de traitement lourd et de régime qui dure plusieurs mois ici, pas de la guérison d’une grippe), puis, sans doute à cause de ces changements dans ma vie et à mon traitement invasif, j’ai continué, un peu chaque mois, à prendre, régulièrement, sans que ça ne s’arrête plus jamais.

Et oui, je suis aussi gourmande. Je pourrais être devenue parano, m’être affamée quand j’ai commencé à me voir grossir (après les 15 premiers kilos, tout de même), avoir enchainé les régimes, pleuré, essayer de rentrer dans mes fringues trop petites. Mais non, j’aime manger, je suis gourmande (ce qui signifie que j’aime un tas de choses et pas que le gras, les petits amis, on va essayer d’abattre les préjugés), je n’ai aucune envie de me priver pour un peu plus ou un peu moins de hanches ou de seins.

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Mais cela m’a fait réfléchir, beaucoup. Car après une bonne vingtaine de kilos supplémentaires un peu partout sur mon corps, j’ai du refaire connaissance avec moi-même, apprendre à connaitre cette nouvelle silhouette, à ne pas la subir au quotidien, avec les vêtements trop petits, par exemple. Cela m’a aussi fait réfléchir à mon rapport à mon corps, tout au long de ma vie. A l’impact de la société et des diktats de la minceur ou de la maigreur sur moi. A l’impact de ma famille aussi.

Car pendant tout ce temps, alors que j’étais si mal de ne plus pouvoir m’habiller, de tourner entre 3 t-shirt et 1 jean (car pour faciliter les choses, ma prise de poids est arrivée en pleine période de vaches maigres), ma mère continuait à me dire lorsqu’elle me voyait, ou que j’ai commencé à acheter mes vêtements en 40, puis 42 (j’ai arrêté de lui en parler quand je suis allée au delà) :

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C’est ma mère qui m’a fait prendre conscience de tout ce baratin, de toute cette pourriture que j’ai pu avoir dans la tête.
Pourquoi est-ce qu’il fallait songer à perdre du poids ? Je rentrais dans du 40 la première fois qu’elle m’a fait la remarque, et n’étais absolument pas en surpoids. Ma tête s’est remplie d’un courant glacial, comme si elle m’avait jetée, comme si mes kilos faisaient de moi quelqu’un de pas assez bien pour elle.
Avoir du poids était comme devenir un gros mot ambulant, une insulte à la bonne santé, un panneau en 4 par 3 disant « je ne prends plus soin de moi, je ne m’aime plus, je suis une grosse vache ». Et ce, depuis une toute petite taille 40.

Lorsque j’ai enfin pu acheter de nouveaux vêtements à ma taille (j’avais alors atteint un bon 42 et gagnais joyeusement sans m’en rendre compte le 44), que j’ai commencé à réapprendre à me mettre en valeur, à m’habiller en me trouvant belle, et que je lui en ai fait part avec bonheur (« je ne suis enfin plus habillée comme un sac ! Youhouh !!!) J’ai de nouveau entendu « Il faudrait perdre un peu de poids, Bérengère ». Pas un commentaire sur la jolie jupe que je venais de m’acheter.

Depuis quand ça durait ? Et qu’est ce qu’elle savait de la perte de poids, elle, qui est grande et d’une nature maigre ?
J’ai alors repensé à un truc horrible. Quand j’avais 15 ans, 48kg pour 1m60 (je fais désormais 1m62), sportive mais avec un petit ventre qui m’est naturel et n’est jamais parti malgré des années de séances d’abdos, elle m’a dit :

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Si on t’a dit ça à toi aussi, le truc du « si tu fais 1m60 tu dois faire 50kg, si tu fais 1m73, tu dois faire 63 kg, laisse moi te confirmer : c’est du

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Le poids de forme ne se trouve pas comme ça et il est très dépendant de la morphologie de la personne. Il est d’ailleurs toujours plus élevé que PILE ta taille en centimètres moins 110.
J’avais 15 ans, putain. Je faisais un 85B et j’avais rien dans les hanches. Sérieusement, COMMENT j’aurais pu ne pas dépasser 50kg ? J’ai même continué à grandir (Bon, ok, j’ai pris 2 cm).

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Bien entendu, j’ai caché à ma mère ma prise de poids jusqu’à 50kg, puis 52 à mes 18 ans, puis 54 à mes 20 ans. Et je les vivais comme une honte de la fille qui ne savait pas gérer son poids.
Avec le recul, il est évident que tous ces kilos n’étaient que la nature qui s’était logée dans mon cul, dans mes seins, mes hanches, parce qu’il se trouve que je ne suis absolument pas foutue comme ma mère. Je suis PULPEUSE.

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Lorsque j’ai travaillé, je suis arrivée dans un bureau rempli de filles au régime. Elles étaient belles, intelligentes, compétentes, sympas, et au régime. Je me suis dit « avec mes 56kg, j’ai du poids à perdre. Je dois retrouver mes 52kg de mes 18 ans, j’étais bien ». J’avais 23 ans et j’avais les mêmes mensurations que Scarlett Johanson à la même époque (mais ça ne m’a pas arrêtée). Lorsque j’ai dit à mes parents que je suivais un régime (pas bien invasif, un weight watchers), ils ne m’ont pas dit « pourquoi ? » ou « ça sert à rien ». Ils m’ont dit « tu devrais faire attention, les régimes comme ça, ça a souvent un effet yoyo ». Je suis assez persuadée que j’ai du sortir ce genre de conneries à d’autres personnes aussi. Bien sûr, oui, il y a l’effet yoyo. Mais à quel moment tu envoies le message que NON, ta fille n’a pas besoin de régime ?

Le pire, c’est que pendant les années qui ont suivi, à chaque fois que je prenais un kilo, tout mon entourage me disait « Oh, tu es bien en ce moment, tu as perdu du poids, non ? » Eux aussi étaient persuadés qu’on valait plus avec moins de poids. J’avais bonne mine, j’avais les joues plus roses, il m’arrivait forcément un truc positif. J’avais l’air en BONNE SANTÉ, j’avais FORCÉMENT perdu du poids.
En fait, j’avais pris du poids. Oui j’étais en bonne santé de manger à ma faim et avec plaisir tout ce que je voulais, j’étais en fait plus ronde, plus appétissante, et OUI ça me donnait bonne mine et l’air joyeux et épanoui.
Et ils croyaient TOUS que j’avais perdu du poids parce que dans leur tête c’était ça, le truc positif.

Alors je ne blâme pas celles qui ont fait des régimes, qui en font encore. On a chacun notre propre vision de notre corps et de notre santé. Nous sommes inégaux face au poids, face à la prise et à la perte de poids, face à l’impact qu’il a sur notre santé. Sachez qu’une personne grosse n’est pas nécessairement en mauvaise santé. Donc arrêtez de vous cacher derrière cette excuse lorsque vous nous faites des remarques, merci. La prise de poids n’est pas non plus une preuve de laisser aller. Elle peut aussi être une preuve de bonheur (on connait tous ces couples qui prennent des kilos les premiers mois de leur relation).

J’ai donc pris ce recul sur mon passé, j’ai revu mon entourage m’envoyer continuellement des messages prônant la maigreur, je me revois me lamentant sur mon poids, espérant le perdre, encore et toujours, même quand je n’en avais pas besoin.

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Déjà, c’est pas vrai, j’étais pas grosse. Et puis ce qui était très vrai, c’est que je ne m’aimais pas. Maintenant, de ce point de vue là, ça va beaucoup mieux. Oui je m’aime avec mon gros cul rebondi, avec mes seins qui me gênent lorsque je dors sur le ventre, avec mon ventre gonflé à bloc.

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Même que je m’aime encore mieux. Je veux bien soutenir les copines qui cherchent à perdre du poids, mais elles ne m’entendront jamais dire que « c’est bien ». Je m’en fous de votre cul, de votre poids, de vos gros bras, je vous aime toutes entières comme ça. J’ai aimé mon mari avec ses 110kgs moelleux quand je l’ai rencontré et que j’étais un petit gabarit, je ne l’aime pas moins maintenant et il ne m’aime pas moins non plus. Mon poids ne m’empêche pas de continuer à marcher beaucoup, voyager, créer.

Je ne sais pas pourquoi ma mère continue constamment à me dire de perdre du poids. Pour moi il était évident ces derniers temps que ma maladie, mes problèmes de fatigue et le fait que j’aie été sans domicile fixe (mais pas à la rue, certes) pendant 1 an et demi étaient des soucis autrement plus importants pour moi à régler. Il faut croire que les kilos, c’est trop voyant. Et puis on a toujours été douées pour s’inquiéter de choses très différentes, dans la vie.
C’est vrai que j’en veux à ceux qui m’ont envoyé tous ces messages restrictifs (et j’ai pas parlé de ceux concernant mes poils, je vous ai épargné ça, mais c’était pas triste non plus), maintenant je dois me diriger sur le chemin de l’apaisement et du pardon.

Mais ce sont nos parents, notre famille, notre entourage proche. Ils ont une influence sur nous, qu’ils le veuillent ou non, et que nous le voulions ou non.

Ne laissez pas tous ces gens avoir ce pouvoir sur vous. Aime toi, aime toi et aime toi encore. Eux, ne sauront jamais ce que tu penses, ce que tu vis et ce que tu ressens. Ils n’ont aucun droit sur toi.

Aime toi.

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PS : Bon, comme j’en ai un peu mis dans la tête de ma pauvre maman dans cette note alors qu’elle a rien demandé, la prochaine fois je parlerai de mon père. Et vous verrez, on va bien se marrer.

PPS : Pour ce billet et le précédent, j’ai fait beaucoup de colorisation à la main, pour changer ? Ça vous plait ou vous préférez quand je colorise à l’ordinateur ?

Pourquoi je n’aime plus The Big Bang Theory

Depuis quelques bonnes années maintenant, The Big Bang Theory est vraiment une de mes séries préférées. J’ai énormément ri avec. Je fais partie de ces personnes qui ne rient pas des personnages mais avec eux, dans la mesure où j’ai une grande part de geek en moi, j’aime la pop culture, la science fiction, la fantasy, je joue à des jeux de rôle, bref, j’ai la chance de comprendre de nombreuses références qui passent souvent inaperçues aux oreilles des néophytes.

Ça a été une super surprise, à la sortie de cette série, de voir le soin porté à l’écriture et aux débats menés dans chaque histoire. Il semble que The Big Bang Theory réunisse 3 publics :

  • les geeks
  • les universitaires, les scientifiques, les ingénieurs
  • ceux qui rient aux dépens des personnages

Peu importe dans quel public vous vous situez, vous avez peut-être aussi contribué à son succès.

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Cependant, cette belle histoire entre nous est terminée. J’avoue tout. J’ai senti que quelque chose n’allait pas pendant la saison 9, moins de rires, moins d’enthousiasme. Mais je n’ai vraiment mis le doigt dessus qu’à la saison 10, que j’ai entamée mais jamais terminée (Oui, bon, j’ai franchement tardé à écrire ce billet, surtout pour ceux qui suivent les sorties d’épisodes aux US). Et là, c’est le drame :

The Big bang Theory a perdu son essence, sa substantifique moelle, son mojo, son fantôme dans la machine : elle a perdu sa geekerie. Purement et simplement. Et je pose ça là :

Comment une série sur les geeks sans geekeries peut-elle donc continuer ? Je vous le demande, ma bonne dame !

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Non ? Vous n’avez pas remarqué ? Où sont passés les débats enflammés sur qui de Hulk ou de Superman gagnerait un combat ? Pourquoi Doctor Who vient-il toujours en angleterre au 20e siècle alors qu’il n’est pas sensé croiser sa propre ligne temporelle ? Comment Biff Tannen a-t-il pu rentrer dans son propre futur alors qu’il avait modifié son passé ? (cette dernière question n’a jamais été soulevée dans la série, comme quoi, il restait des choses à dire)

Non. C’est fini. Ciao les geeks.

Dans la saison 9 et encore plus dans la 10, je me suis ennuyée. Il n’y a plus qu’un seul sujet qui traverse les épisodes : les histoires de cœur des personnages. Alors oui, c’est un peu la trame de fond depuis le début, et j’ai adoré l’arrivée d’Amy Farrah Fowler qui a vraiment donné un second souffle à toute la bande. Mais c’était à la saison 5. Un bail. Une éternité.
Depuis 3 saisons, il y a un gros grain de sable dans les rouages. Sincèrement, on s’en fiche un peu de toutes ces histoires relationnelles si on ne retrouve plus ce qui fait l’essence des personnages. Leurs passions, leurs comics, leurs débats manquent vraiment à l’ensemble. Sans cela, ils ne sont que des sous-friends. Des sous-seinfeld.

Comment les scénaristes ont-ils pu perdre de vue leurs personnages ? Peu importe la réponse à cette question, c’est ce qui s’est passé, peut-être pour plaire à un plus large public. Et des histoires d’amour, moi, je préfère les lire dans des livres de Jane Austen.

Donc au revoir, The Big Bang Theory.

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Inktober : le challenge dessin de l’automne

Aujourd’hui, je vais vous parler de inktober. Comme vous l’aurez compris, il s’agit de la contraction de ink (encre) et de october (octobre. Oui, on ne sait jamais !!).
Mais qu’est ce que c’est ma bonne dame ? C’est un challenge pour les dessineux. Il consiste à réaliser un dessin à l’encre par jour pendant tout le mois d’octobre. En noir ou en couleurs. Complexe ou épuré, selon le goût et le style du dessinateur. Le plus difficile est d’en fournir un par jour (pour ceux qui ne le font pas déjà).

Cette année je vais inktober pour la première fois, j’avoue que le challenge m’avait échappé jusque là (probablement à cause d’absence de smartphone et d’instagram, mais je me suis rattrapée depuis). J’ai donc commencé il y a 6 jours.

Histoire de corser un peu le challenge, il faut s’astreindre à un thème de son propre choix, que l’on devra décliner tout le long du mois. Ça peut être absolument tout ce que l’on veut, et j’ai vu passer des thèmes vraiment rigolos (univers de sorcières, animaux fantastiques mignons, allégories) et d’autres beaucoup plus sérieux. Comme le mien. Mais je débute, l’imagination viendra avec le temps.

J’ai longtemps hésité pour le thème et puis, le 1er octobre, devant le fait accompli et dans la panique du premier dessin, j’ai oublié tout ce à quoi j’avais réfléchi et j’ai dessiné ce que j’avais sous la main : une personne assise dans le même café que moi. Cette année, mon thème sera donc : les portraits pris sur le vif, dans la rue.

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Voici les premiers croquis, vous pourrez voir tous les suivants sur instagram tous les jours !
Ma plus grande peur ? Que la personne que je suis en train de dessiner me remarque !

Vous aussi vous relevez le challenge inktober ? Laissez-moi votre lien de blog ou d’instagram dans les commentaires, ce sera un plaisir d’aller regarder toutes vos créations.

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RAM, RSI : je cours après ma santé, mais mieux informée !

J’aurais pu faire un édit de mon post RSI, RAM, CPAM : quand c’est la santé qui aura ma peau, mais je préfère écrire carrément un nouvel article pour raconter la brève suite de cette histoire de RSI, de RAM, bref, de sécurité sociale pour les néophytes.

Non, le RSI n’a pas passé la 5e pour traiter mon dossier. Malheureusement, et on a vraiment l’impression qu’ils ont étudié le problème pour éviter l’ingérence des assurés, c’est la RAM qui reçoit le dossier, mais elle le transmet par la suite au médecin conseil du RSI et c’est au RSI que ton petit dossier va trainer puis être traité selon leur bon vouloir, sans possibilité de savoir où ça en est.

Pendant cette semaine où ça a été la course, j’ai appris plusieurs choses :

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C’est à votre médecin traitant de faire votre suivi de soins, et donc de vous prévenir quand la prise en charge touche à sa fin. Faut-il encore qu’il y jette un coup d’œil de temps en temps. En plus s’il est informatisé, il peut lancer un protocole d’urgence. Je devrais peut-être changer de médecin traitant…

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Je n’ai jamais réussi à joindre quelqu’un pour ma mutuelle. Du coup je ne suis pas prise en charge entre mes deux ALD.

45_ram04Ce qui signifie que je serai remboursée des 300€ que je devrai payer à mon pharmacien (correspondant au tiers payant de mon médicament mensuel qui vaut un mois de salaire) puisque ma mutuelle a décidé que c’était pas la peine de répondre à ses assurés.

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Déjà, je l’avais dit dans mon post, j’avais réglé un maximum de choses dès le lendemain, notamment grâce à la RAM qui a des bureaux dans Paris, à côté du métro. C’est gris et tristoune mais il n’y a jamais la queue et on est bien accueilli.
Les agents sont très sympathiques et à l’écoute. Les agents du RSI sont sympas aussi, mais franchement plus durs à trouver (dans le 15e arrondissement, il faut entrer dans un immeuble et les trouver au fond d’un couloir derrière une porte coulissante sans aucun panneau indicatif —si ça n’a pas changé depuis ma dernière visite), et te renvoient souvent vers la RAM. Le RSI, ça a vraiment l’air d’être une bande de peureux qui veut jamais avoir à affaire avec les assurés. Peu de bureaux, peu de contacts, pas de réseaux sociaux, un tas d’autres sites qu’eux en première page de recherche Google.

Je remercie également la RAM d’avoir été réactive suite à mon post sur twitter, j’avoue que je ne m’y attendais pas. Il m’ont contactée et après avoir constaté qu’ils ne pouvaient pas m’avancer puisque tout était entre les mains du RSI, se sont fendus de plates excuses, ce que, j’avoue, je trouve très élégant.

Merci le community manager de la RAM.

Voici un petit extrait de leur message :

La validation d’un 100% au titre d’une Affection de Longue Durée (ALD) est traitée par le Médecin Conseil du RSI. De fait la Ram n’a pas la possibilité d’intervenir à ce sujet, notre organisme sera averti en même temps que vous de la prolongation afin de mettre votre dossier à jour (…) J’ai bien compris que l’absence d’un courrier de rappel pour la prolongation de votre ALD était le principal reproche formulé () Toutefois votre mécontentement vis à vis de notre organisme n’en est pas moins compréhensible et nous allons étudier les possibilités d’amélioration afin d’éviter ce genre de situation à l’avenir (…) Enfin je vous prie d’accepter nos excuses pour le désagrément occasionné par cette situation. Je reste à disposition si besoin et vous souhaite une bonne journée.

Bon, à partir de maintenant je vais devoir harceler le RSI, me rendre dans leurs bureaux, puisque eux sont invisibles sur les réseaux sociaux. Ils ont du en avoir marre de se faire insulter à longueur de temps.

En vous souhaitant une bonne santé, à bientôt !

PS : bien entendu j’ai passé tous les passages techniques, répétitifs par rapport à ma note, ou personnels dans le message que la RAM m’a adressé via twitter.

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Le Point G (raphique) #1

Je voulais depuis un moment commencer un nouveau type de billets qui change un peu de mes dessins habituels.
Je me rends compte qu’avec les années j’accumule pas mal de savoir -faire dans mon métier, et j’aimerais plus en parler ici. Alors pour commencer, je vais faire une petite analyse graphique sur des productions visuelles qui m’ont marquées. Pourquoi certaines choses sont si belles et d’autres ne fonctionnent pas ? J’en parle ici. Chaque semaine une qui m’a beaucoup plus, et une autre pas du tout. Cette semaine, je confronte 2 affichages culturels.


Je commence par les affiches qui m’ont transportées de plaisir cet été : celles pour le Grand Palais. Il a été extrêmement difficile de les trouver sur internet, donc je met les 2 seules que j’ai trouvées.

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Féérique, n’est-ce pas ? Le toit du Grand Palais en points de lumière sur un fond bleu nuit ou rose, j’ai trouvé ça magique.

Il faut dire que, contrairement à l’affiche que je traiterai plus bas, je suis exactement dans la cible : parisienne, cultivée, 25-55 ans, qui aime aller au musée, et qui aime Paris.

Car c’est ce dont nous parle cette série d’affiches : la magie de Paris. Je trouve que ce dessin simple, juste évocateur. Il nous montre en quelques points esquissés le sentiment qu’on ressent lorsqu’on visite Paris la nuit. La tour Eiffel qui scintille, les lumières du pont des arts, et, justement, la lumière sous la coupole du Grand Palais.
C’est ce point de vue féérique qu’a choisit l’agence IP.3 pour nous parler de ce musée. Et je trouve cela extrêmement réussi. Le dessin est simple, mais il est soutenu par une police typographique intelligente, tout en points, et d’un dessin super carré, sans empattements, très moderne, finalement.

Ces éléments nous indiquent 2 choses : ici on parle à la fois du Paris historique, avec la coupole, la ville lumière, tout en lui donnant la touche de modernité nécessaire pour accrocher (également donné par le rose orangé sur la version de cette couleur) et ne pas donner l’impression que le musée est seulement pour les vieux croutons conservés dans autant de formol que les œuvres d’art qu’ils vont visiter (oui, ce genre de cliché a la vie dure).

Il va sans dire que je suis toujours extrêmement sensible aux mises en page sobres. On va à l’essentiel, pas besoin de fioritures. Graphistes en herbe, vous pouvez retenir ça dans un coin (lorsque j’étais étudiante, je découpais les visuels dans les magazines et les collectait dans des cahiers. Maintenant, vous avez pinterest, petits veinards, donc mettez ça sur votre tableau « design graphique »)

J’adore. Merci IP.3 pour cette belle campagne !


Pour la deuxième analyse graphique, on va rigoler un peu avec l’affiche de la comédie musicale Les 3 Mousquetaires.

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Sincèrement, ça a été difficile de ne pas me brûler les yeux sur cette affiche ces dernières semaines tant elle est collée partout dans Paris et tant… elle est moche. Je ne dis pas que le graphiste qui l’a exécuté est nul, au contraire, je pense qu’il a parfaitement répondu à la commande. Mais parfois, en tant que graphiste, on a un peu honte de notre travail, car il faut répondre à des critères qui ne sont pas ceux du beau, mais ceux du marketing. On pleure quelques jours et on passe à un projet plus valorisant pour notre ego, évitant de mettre ce dernier boulot dans notre book (sauf si on y excelle et y éprouve un certain plaisir. J’ai moi-même exécuté ce genre de choses entre le ridicule et le kitsch pendant presque 5 ans, chez mon tout premier employeur. Et j’ai adoré.)

Pourquoi est-ce que je trouve cette affiche ridicule ?

Déjà, parce que c’est le bon mot : ces danseurs avec leurs bras en l’air qui essaient de te faire croire qu’ils sont mousquetaires, ces looks hyper actuels avec du gel dans les cheveux, ces torses totalement glabres, les petits vestons en cuir (surtout celui sans manches, mon préféré)…
Et puis, sérieusement, les chemises grandes ouvertes en plein combat à l’épée ? Si vous aussi vous faites partie de ces gens qui hurlent devant les films « Mais pourquoi toi t’es en côtes de maille et ta copine elle se bat à l’épée en slip et en soutif ??? » Bah oui, quand on risque de mourir d’un coup d’estoc, on se protège, on fait pas tomber la chemise. Et ça, ça m’énerve carrément. Je trouve que ça donne un peu une idée du « niveau » du spectacle, et ce n’est pas très engageant.
Et comme par hasard Milady est rousse (je suppose que c’est ce personnage compte tenu de son importance dans l’histoire par rapport aux autres) et c’est quoi cette immonde coiffure pas du tout d’époque ?
On termine par l’effet brume et le château en fond qui ressemble plus à Versailles qu’au Louvre, et on a complété le tableau.

En dehors de ça, la composition est correcte mais tous ces personnages supperposés les uns aux autres provenant de 9 photos différentes au dessus du logo certes correct aussi mais posé sur une ombre noire dégueulasse, je dis non. C’est marrant, l’ombre portée du logo, je ne l’ai pas vue au premier coup d’œil, mais maintenant que je l’ai, je ne vois plus que ça. C’est un peu crado, non ?

Bref, on a fait pire, mais c’est juste ridicule dans ce que ça raconte (je trouve que ça pourrait être l’affiche d’un film indien).

Ce que cette affiche réussit admirablement : ce n’est qu’une supposition car je ne suis clairement pas dans la cible, mais cette affiche atteint, justement, parfaitement sa cible, et parle de son sujet.
A savoir communiquer sur la comédie musicale, d’une part, en mettant tous ces mousquetaires les bras en l’air, histoire qu’on comprenne bien qu’ils dansent (à moins que ce ne soit pour bien occuper l’espace supérieur et équilibrer la composition ?) au cas où parce que ce n’est écrit nul part qu’il s’agit d’une comédie musicale (j’espère qu’ils nous épargneront le terme d’opéra rock. Cette affiche l’interdit directement. Ça ne sent ni l’opéra, ni le rock ici).
D’autre part, la cible, justement : les beaux gosses (chacun ses goûts), les torses glabres bien exposés pour l’affiche (ça pue la retouche photo), la petite princesse pas trop mise en avant pour pas faire concurrence à la cible, on s’adresse CLAIREMENT à la jeune fille en fleur, qui ne demande qu’à fantasmer sur ces mousquetaire d’opérette (j’aime ce terme pile pour ce sujet !)

Ainsi, cette affiche est moche, mais elle a BESOIN d’être moche (j’exagère, on va dire qu’elle n’est « pas très heureuse »), pour attirer les bonnes personnes en salle. On se retrouve avec la même problématique que pour les affiches de théatre.

D’ailleurs, je devrais faire mon prochain Point G sur ce thème : « Pourquoi les affiches de théatre sont-elles moches ? » C’est une question qu’on me pose souvent, en tant que graphiste. Ça vous dit ?

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Pokemon Go : Des pigeons, des rats, et encore des pigeons

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Pokemon Go fonctionne non seulement en fonction de la densité de population, mais aussi en fonction du terrain (je crois que tout le monde s’en est rendu compte), forêts, lacs, rivières, ville, montagne, chaud, froid, etc. Ce qui explique pourquoi on trouve plein de Bulbizars au jardin des plantes (coucou ceux qui ont suivi la chasse aux Bulbizar sur snapchat !), et des magicarpes au bord de la Creuse, ou des quais de Seine, pour les parisiens.

Y a-t-il un Leviator sur le Mekong ? Un Poissirène dans la mer Égée ? Un M. Mime place du Tertre et un Lippoutou au Queen ?

Plus sérieusement, à Paris, à part certains lieux privilégiés comme ceux cités plus haut (ajoutez la vilette et les buttes chaumont), il n’y a que des Roucool, des Ratata et des Nosferati ! C’est comme ça que Nintendo voit la Ville Lumière ? Des pigeons, des rats, et encore des pigeons ???

Vous savez quoi ? Je crois qu’ils ont raison en plus…

(oui, je parle encore Pokémon Go alors que j’y joue même pas. Vous aussi, vous avez un conjoint qui joue au resto, dans le taxi et au lit ? Vous trouverez une oreille attentive ici. Vous voulez partager vos bon coins dans votre ville ? Profitez-en aussi ! —là je veux bien des plans à Nantes, Metz et Saint Etienne).

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RSI, RAM, CPAM : quand c’est la santé qui aura ma peau

Il fallait que ça arrive, le RSI a encore fait des siennes (enfin, la RAM, mais elle n’a pas encore atteint la notoriété du RSI, donc je raccourcis pour les néophytes). Vous vous souvenez de mes misères administratives (les médicales, parce que je n’ai jamais résolu mon problème de RSA) ?
Eh bien hier, je vais à la pharmacie commander mon médicament en toute innocence…

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J’entame donc une longue et triste campagne de harcèlement du RSI, de la RAM (même si les agents d’accueil sont toujours adorables avec moi), de l’État qui laisse tomber ses malades incurables. Vous pouvez m’accompagner, si vous le souhaitez, d’abord sur twitter, puis / ou relayer sur le média de votre choix pour mettre en avant le fait que les caisses d’assurance maladie, toutes utiles soient-elles (attention, je suis POUR le système de solidarité français et POUR l’assurance maladie qui sont des acquis sociaux hautement important à mes yeux. Je déteste juste la façon dont l’administration à la française a le don de compliquer à l’extrême les choses simples) ne préviennent plus les assurés de la fin de leur prise en charge, malgré les traitements à plusieurs centaines ou milliers d’euros sur lesquels ils ne peuvent se permettre de faire l’impasse.

Bref, vous comprendrez ma colère et mon dénuement face à l’incohérence d’une administration dépassée et de plus en plus vide de sens, voire de sens commun (c’est pire).

 

PS : j’ai fait de nombreuses démarches depuis hier pour tenter de résoudre ce souci au plus vite. Et histoire de prévenir les éventuels commentaires qui voudront m’apprendre la vie, et ceux qui ne connaissent vraiment pas ce type de procédure : oui, il est écrit sur la demande de protocole la date limite de celui-ci. En revanche, vous vous souvenez de ce genre de choses, vous, des années plus tard ? Un courrier, c’est vraiment pas de trop.

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Bosser ou dormir : je suis freelance

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Non aujourd’hui je ne parlerai pas de la condition féminine.
Il fallait juste, pour mon bien-être personnel, que je fasse ce dessin. L’été est pour moi la période de l’année où j’ai le plus de travail, en tant que freelance. Autant dire que septembre représente une certaine libération, après le poids que j’ai eu sur les épaules tout l’été.

Pour les nouvelles du front : j’ai eu 2 livres à maquetter, de la direction artistique, un petit logo, un de ces projets s’est transformé en « bouclage maléfique » (je ne dirai pas lequel). J’en parlerai sur les réseaux sociaux quand ils sortiront, bien sûr ! Mais ce n’est pas pour tout de suite. J’ai plusieurs projets qui vont sortir en cette fin d’année, et ils représentent à eux tous quasiment mon année de travail.
J’avoue être vraiment très fière du travail que je fais, surtout quand il finit en librairie. Depuis quelques années j’ai la chance de travailler sur de très beaux projets, et c’est aussi ce qui m’aide à supporter la vie de freelance, qui n’est pas toujours drôle. Il faut savoir que pour moi c’est un vrai choix, pris il y a 5 ans maintenant, que je n’ai jamais regretté. Mais il faut bien avouer que parfois je me fais un sang d’encre !

Cet été je me suis rendue malade avec mes différents projets, et j’ai travaillé pendant toutes mes vacances (les jolies photos postées sur instagram ne sont le reflet que d’une partie de mes journées, celle pendant laquelle j’essayais tout de même de profiter des amis et de la famille)

Quant aux projets personnels, déjà si j’arrive à tenir le blog à ce nouveau rythme ce sera très bien, sinon j’en ai tellement en tête, je n’aurai sans doute pas assez d’une vie pour tout faire 🙂

À la semaine prochaine, passez un bon week end !

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Les affres de l’été : le poil, le short et l’oppression féminine

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Je pourrais me décrire entre la flemmarde et la militante du poil.
Ne croyez pas que c’est un sujet sans importance. En tant que femme, on a ses premiers poils vraiment voyants vers l’âge de 11/12 ans (sauf si vous êtes très blonde et / ou gâtée par la nature), et on les garde jusqu’à la fin de sa vie, ou, plus exactement, on les enlève de son corps jusqu’à la fin de sa vie.
Sujet encore plus préoccupant, donc, que les règles, dans le temps mais également dans la fréquence, puisque, si vous êtes adepte de l’épilation plutôt que du rasage (les filles qui me demandent pourquoi je ne me rase pas sont définitivement blondes), il faut s’épiler environ toutes les 3 semaines pour que la peau soit visible par n’importe qui sans « heurter » la vue d’autrui.

Avec un tel constat de base, vous comprendrez que je m’arrêterai sur cette dernière notion : heurter.
J’en suis nécessairement venue à me demander pourquoi mes poils et ceux des autres femmes, aussi naturels que notre peau, nos cheveux, la couleur de nos yeux, « heurtent » les autres. Les hommes et les femmes. En quoi cela fait d’une personne quelqu’un de négligé, de sale ?
Ne pas avoir de poil est une mode récente en France, elle est arrivée à l’après guerre avec les soldats américains, car les américaines, elles, s’épilaient. Il ne s’agit donc pas d’une quelconque tradition ancestrale. On peut aussi prendre pour exemple l’épilation du pubis : il suffit de regarder un film érotique des années 70 pour comprendre que les poils à cet endroit n’heurtaient personne avant que dieu sait qui lance une mode du pubis nu. Et pourtant, tu ne peux pas sortir un poil dans la rue sans qu’on te regarde de travers.

Je pense que ce sont ces réflexions qui m’amènent de mon simple statut de flemmarde (la fille qui s’épile l’été et pas l’hiver, ou la fille qui s’épile que quand elle met une jupe) à celui de « militante du poil », celle qui les porte en le sachant et s’en fout royalement.
J’en ai MARRE qu’on me dise quoi faire de mon corps. J’en ai MARRE de cette obligation sociale pourrie, venue de nul part, et oppresse toutes les femmes.

Oui, je vous assure, ça nous oppresse. Je vais vous dire pourquoi. L’épilation, ça fait mal. Très mal parfois, ça brûle aussi. Je me suis fait brûler pas plus tard qu’au mois de juillet. Et pourtant, la société (car j’ignore les vrais coupables) cible toutes ces zones à épiler (de façon plus ou moins impérative) :

  • les jambes
  • les cuisses
  • les orteils
  • les bras (pour les très brunes qui n’assument pas leur pilosité à cet endroit)
  • la moustache
  • les sourcils
  • les aisselles
  • le dos
  • le pubis
  • l’aine
  • les fesses
  • les parties génitales
  • tout ce qui est de près ou de loin poilu ailleurs sur le corps

Avec les années, je me demande simplement pour quoi ? Pour qui ? Donc oui, je m’épile comme tout le monde, pliant sous la pression générale (et c’est pourquoi je n’atteint pas le statut de « militante »), mais cet été j’ai été flemmarde et ai constaté que personne ne m’avait jeté des cailloux dans la rue.
Il parait que l’important c’est de s’aimer soi-même. Qu’en tant que femme, on se fait belle avant tout pour soi et pas pour les autres. Si on a un peu de jugeotte, on ne s’habille clairement pas pour les hommes, mais bien pour nous. Cela me parait une évidence. Pourtant, si on veut se laisser ses poils pour nous, personne ne cautionne. C’est le tabou du corps de la femme, le dernier vrai tabou, maintenant que tout est révélé sur le sexe, le point G, l’orgasme, l’éjaculation féminine, la pensée des femmes (pour ceux qui y croient), leurs goûts, leurs désirs, leurs combats.

Mais PERSONNE ne veut entendre parler de leurs putain de poils.

Je vous laisse méditer là dessus.

PS : il va de soi que lorsque je parle de « blonde », je parle strictement au premier degré. JAMAIS je n’emploierais ce mot de manière péjorative comme trop de gens le font trop souvent. Je trouve ça nul et déplacé.

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