FRENCH DIARY

Maladie de Crohn : la folle histoire du caca

J’ai pas mal de choses à raconter ces temps ci, comme les choses pas cool professionnellement parlant qui t’arrives quand tu décides de faire un bébé, et c’est pour ça que je ne poste rien. C’est d’une logique écrasante.

Donc, je réserve ça pour un peu plus tard. Ahah.

J’ai décidé de parler d’un truc plus cool, même s’il s’agit d’un grand tournant pour moi et d’une décision difficile à respecter au quotidien.
Aujourd’hui, je vais vous parler pour la première fois de ma maladie. (de la première fois directement, puisque j’avais déjà abordé le sujet des médicaments).

 

La maladie de Crohn

La maladie de Crohn est une maladie dont on parle peu, alors qu’elle touche des dizaines de milliers de personnes rien qu’en France. J’ai l’impression d’en parler tout le temps, pour ma part, et pourtant ma mère me disait il y a peu « Tu n’en parles jamais. Je ne sais pas ce que c’est ».

Je connais des personnes touchées de MICI ou assimilé qui n'en parlent simplement jamais. Vous savez pourquoi ? Parce que personne n'a envie d'entendre parler de caca. Pas la peine d'être un génie de la communication pour le comprendre. On n'attend donc pas le premier "Ah ! C'est dégoutant !" pour se taire.

Suivant ce cheminement, je ne vais pas vous traumatiser en vous parlant de caca aujourd'hui. On pourra, qui sais, aborder le sujet plus tard ? En titrant un article "le caca est ton ami", par exemple ? "Le Charme discret de l'intestin" a été un succès, après tout.

Comme quoi, la notion de ventre comme deuxième cerveau commence à faire son chemin (alors que nous sommes au courant depuis des décennies. Quand je vous dis que personne ne veut parler de caca !)

 

Médicament et alimentation

Lorsqu’on est atteint de Crohn, il n’existe pas une multitude de traitements. D’ailleurs, il n’existe pas de traitement. C’est une maladie auto-immune incurable. C’est ce que nous dit le gastroentérologue au retour de la coloscopie (calmez-vous, on ne fait plus de coloscopie en anesthésie locale, faut vous calmer avec cet examen).
Les traitements s’attaquent aux symptômes, puisque le mal est jugé incurable. Notre système immunitaire s’attaque à notre propre corps, réduisant l’efficacité de nos intestins et de notre colon à un niveau proche de zéro. Je vous parlerai mieux de la maladie le jour où vous serez prêts pour cette histoire de caca.

Les traitements proposés sont récents, et très invasifs. Jusqu’à il y a une quinzaine d’années, rien n’existait, si ce n’était une carte « urgence toilette » à présenter en cas de nécessité pour doubler tout le monde dans les toilettes publiques. Globalement, les malades qui ont le choix vont préférer rester chez eux.

Il y a aussi les timbrés comme moi qui se disent « je ne me laisserai pas faire !! » et développent une tolérence aux toilettes publiques de tout accabit.

Grosse force mentale.

Bref, après une cure drastique de cortisone qui permet de connaître l’expérience de la drogue sans jamais s’être drogué de sa vie, on ne propose que trois traitements, qui ne fonctionnent pas nécessairement sur vous : un immunosupresseur sous forme de cachet à prendre tous les jours un anti TNF en injection à se faire tous les 15 jours un anti TNF en perfusion, à l’hôpital, tous les six mois

Pour ma part, je prends, enfin, je prenais (j’ai du arrêter pendant la grossesse) le deuxième : une piqure tous les 15 jours.

 

Les anti TNF : la farandole magique des effets secondaires

Voici la liste des effets secondaires de ce médicament, dont le coût mensuel total est de 900€ (pour plus de détail, cliquez ici). Vous pouvez remercier Sanofi pour moi (en plus des MICI comme la maladie de Crohn, il est utilisé pour de nombreuses autres maladie auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde, par exemple).

La liste est longue, mais lisez la jusqu’au bout. Ce serait dommage de rater la leucémie ou la sclérose en plaque. Si vous êtes phobique des maladies graves, ne commencez même pas cette lecture. L’article se poursuit après sans que j’y revienne :

  • Éruption cutanée sévère, de l‘urticaire, ou d‘autres signes de réactions allergiques, gonflement de la face, des mains, des pieds, gêne respiratoire, gêne en avalant, essoufflement au cours de l’activité physique ou en position allongée ou gonflement des pieds
  • Fièvre, sensations de nausées ou de malaise, plaies, problèmes dentaires, brûlures en urinant
  • Sensation de faiblesse ou de fatigue, toux, fourmillements, engourdissement, vision double, faiblesse des bras ou des jambes
  • Bouton ou plaie ouverte qui ne cicatrise pas
  • Signes et symptômes évocateurs de troubles sanguins tels que fièvre persistante, contusions, saignements, pâleur
  • Maux de tête, douleurs abdominales, rash , douleurs musculo-squelettiques
  • Infections : systémiques (y compris empoisonnement du sang et grippe), intestinales (y compris gastroentérite), cutanées (y compris cellulite et zona), de l’oreille, buccales (y compris infections dentaires et boutons de fièvre), des organes de reproduction, urinaires, fongiques, articulaires, neurologiques (y compris méningite virale), oculaires, bactériennes
  • Tumeurs bénignes
  • Cancer
  • Réactions allergiques (y compris allergie saisonnière)
  • Déshydratation
  • Troubles de l’humeur (y compris dépression), anxiété, sommeil difficile
  • Troubles sensitifs tels que fourmillements, picotements ou engourdissement
  • Migraine
  • Compression des racines nerveuses (y compris douleurs au bas du dos et douleurs dans les jambes)
  • Troubles de la vision, inflammation oculaire, de la paupière et gonflement des yeux
  • Vertiges (sensation d’étourdissement ou de tête qui tourne), sensation de battements de cœur rapides, hypertension, bouffées de chaleur
  • Hématomes (accumulation de sang en dehors des vaisseaux sanguins)
  • Toux, asthme, souffle court
  • Saignements gastro-intestinaux, dyspepsie (indigestion, ballonnement, brûlure gastrique), reflux acide
  • Syndrome de Gougerot-Sjögren (y compris sècheresse oculaire et de la bouche)
  • Démangeaisons, ecchymoses, inflammation cutanée (telle qu’eczéma)
  • Cassure des ongles des mains et des pieds, transpiration excessive, chute des cheveux
  • Apparition ou aggravation d’un psoriasis
  • Spasmes musculaires
  • Présence de sang dans les urines, problèmes rénaux
  • Douleur thoracique
  • Œdème (gonflement)
  • Diminution du nombre de plaquettes sanguines, ce qui augmente le risque de saignements ou d’hématomes
  • Mauvaise cicatrisation
  • Infections opportunistes (incluant la tuberculose et d’autres infections qui surviennent lorsque la résistance aux maladies est diminuée)
  • Diverticulite (inflammation et infection du gros intestin)
  • Cancer affectant le système lymphatique
  • Mélanome
  • Troubles immunitaires qui peuvent affecter les poumons, la peau et les ganglions lymphatiques (se présentant le plus souvent comme une sarcoïdose)
  • Vascularite (inflammation des vaisseaux sanguins)
  • Tremblements (frissons)
  • Neuropathie (maladie des nerfs)
  • Accident vasculaire cérébral
  • Perte d’audition, bourdonnements d’oreilles
  • Sensation de battements cardiaques irréguliers tels que palpitations
  • Troubles cardiaques qui peuvent provoquer un essoufflement ou un œdème des chevilles
  • Crise cardiaque
  • Poche dans la paroi d’une grosse artère, inflammation et caillot dans une veine, obstruction d’un vaisseau sanguin
  • Maladie pulmonaire pouvant entraîner un essoufflement (y compris inflammation)
  • Embolie pulmonaire (obstruction d’une artère du poumon)
  • Épanchement pleural (accumulation anormale de liquide dans la cavité pleurale)
  • Inflammation du pancréas qui peut provoquer une douleur intense dans l’abdomen et le dos
  • Difficulté à avaler
  • Inflammation de la vésicule biliaire, calculs dans la vésicule biliaire
  • Stéatose du foie
  • Sueurs nocturnes
  • Cicatrice
  • Faiblesse musculaire anormale
  • Lupus érythémateux disséminé (y compris inflammation de la peau, du cœur, du poumon, des articulations et des autres systèmes d’organes)
  • Sommeil interrompu
  • Impuissance
  • Leucémie (cancer affectant le sang et la moelle osseuse)
  • Réactions allergiques sévères avec choc
  • Sclérose en plaques
  • Troubles neurologiques tels qu’inflammation du nerf oculaire et syndrome de Guillain-Barré pouvant entraîner une faiblesse musculaire, des sensations anormales, des fourmillements dans les bras et le haut du corps ;
  • Arrêt de la fonction de pompage du cœur
  • Fibrose pulmonaire (formation de tissus cicatriciels dans les poumons)
  • Perforation intestinale (trou dans l’intestin)
  • Hépatite
  • Réactivation du virus de l’hépatite B
  • Vascularite cutanée (inflammation des vaisseaux sanguins dans la
    peau)
  • Syndrome de Stevens-Johnson (les symptômes précoces incluent malaise, fièvre, maux de tête et rash)
  • Érythème polymorphe (rash inflammatoire de la peau)
  • Angioedème (gonflement localisé de la peau)
  • Lymphome hépatosplénique à lymphocytes T (cancer hématologique rare souvent mortel)
  • Carcinome à cellules de Merkel (un type de cancer de la peau)
  • Insuffisance hépatique
  • Aggravation d’une maladie appelée dermatomyosite (caractérisée par une éruption cutanée accompagnant une faiblesse musculaire)
  • Taux faibles de globules blancs, de globules rouges, de plaquettes de calcium dans le sang, de phosphate dans le sang, de potassium dans le sang
  • Élévation des taux de lipides dans le sang, des enzymes hépatiques, des taux d’acide urique dans le sang
  • Taux anormaux de sodium dans le sang
  • Taux élevés de lactate déshydrogénase dans le sang, de sucre dans le sang de bilirubine (test sanguin du foie)
  • Présence d’anticorps dans le sang

 

En dehors du dernier point, tous ces effets sont COURANTS. Il touche entre une personne sur dix et une personne sur cent. Quand je la relis aujourd’hui, elle me fout encore plus les boules que le jour où j’ai du la lire la première fois avec l’infirmière de l’hôpital, tout en me sentant comme obligée de dire « ok » pour prendre ce médicament maintenant que j’étais allée si loin et que j’étais là pour la journée dans cet hôpital de jour. Maintenant, ça me paraît stupide, mais on ne réagit pas toujours exactement comme on se l’imagine devant le fait accompli.

J’ai pris ce médicament pendant 3 ans. Personnellement, je ne m’en suis rendue compte qu’après avoir arrêté l’année dernière, mais j’ai eu droit à un élégant gonflement du visage, des mains et des pieds qui m’ont donc vallu des remarques agréables sur la nécessité que j’avais de perdre du poids. Maintenant, j’ai l’impression de me retrouver dans le miroir, et mon alliance est trop grande. Probablement quelques soucis dentaires ont également découlé de la prise de ce médicament.

 

L’arrêt des anti TNF

J’ai donc arrêté ce traitement il y a un an, par nécessité, car le recul est trop faible pour connaître les conséquences sur l’enfant à naître. Malgré cette liste d’effets alarmante, le corps médical m’a demandé de continuer à prendre le médicament jusqu’au sixième mois de grossesse, alors qu’il est contre-indiqué à plus de trois mois. Je n’ai écouté personne. Il était hors de question que petit Harry Potter serve de cobaye. Je devais reprendre ce médicament après l’accouchement, après une visite à mon gastro entérologue.

Il est de l’hôpital public d’être difficile d’accès, et donc je n’ai pas eu de rendez-vous avant le mois de mai. Au moment où j’écris, je n’ai toujours pas eu ce rendez-vous. Pendant et après la grossesse, mon crohn est revenu en force. J’ai été TRÈS malade.
Lorsqu’on me demande si j’ai eu un accouchement hémorragique pour avoir gagné une transfusion de trois litres de sang trois jours plus tard, je réponds que non, c’est ma grossesse qui a été hémorragique. Et ça a continué après.

Lorsqu’on est en convalescence et qu’en plus on doit s’occuper de son tout petit nourrisson, être faible et particulièrement handicapant. Mais glissons. Tout ça pour dire : à peine le traitement arrêté, les symptômes sont revenus en force. Une vraie arnaque.

Depuis longtemps, j’avais décidé que je profiterai d’une éventuelle grossesse pour arrêter et tester d’autres choses, plus naturelles. Mais quoi ?

 

Alimentation : premier test pour m’en sortir

Le jour où ma mère m’a dit « Tu n’en parles jamais. Je ne sais pas ce que c’est », c’était aussi pour me raconter qu’elle était allé à une convention sur Crohn, pour en savoir plus. Elle en avait entendu parler lors d’une émission sur France Inter. Dans cette émission, elle avait entendu Jeanne Deumier, l’autrice du livre « Diagnostiquée Crohn ». Elle me l’a offert, je l’ai lu, j’ai testé.

Jeanne Deumier part de loin, de beaucoup plus loin que moi, en terme d’éducation alimentaire et d’ouverture aux médecines parallèles. Son parcours a donc été long et plein de remises en question, car c’est très difficile d’arrêter de se dire « mais non, c’est des conneries ».

"c'est des conneries" : la bouffe bio, l'ostéopathie, l'acupuncture, la naturopathie, le refus de l'industrie agro-alimentaire, la permaculture, etc
Arrêter d’employer le terme « charlatanisme », et tester.
Je sais, parce que je connais des gens comme ça. Des gens qui piétinent constamment mes opinions et la façon dont je vis. Ce en quoi je crois. L’alimentation saine (que je connais, même si je ne la pratique pas), le soin du corps, le lien corps-esprit, la spiritualité, l’environnement, la réduction des déchets, même le tri des déchets. Il n’y a pour eux qu’un seul chemin dans la vie, et les autres sont bien idiots. Si tout le monde faisait pareil, on se ferait bien chier, quand même. Mais certains persistent à vouloir que tout le monde vive comme eux vivent, à ce que tout le monde pense comme eux pensent.

Jeanne Deumier a arrêté tout traitement pour son Crohn et changé son alimentation de façon drastique lorsqu’elle n’a pas souhaité suivre le traitement que moi j’ai pris. J’ai décidé de m’imposer ces quelques principes, pas si compliqués, pour débuter :

  • manger bio. Donc moins de pesticides, de produits chimiques sur les fruits et légumes, dans les céréales, les huiles, etc. Ça tombe bien, j’ai été élevée là dedans, et je sais déjà parfaitement où est la biocoop la plus proche de chez moi ;
  • ne manger que ce que je me prépare moi-même ;
  • arrêter les préparation industrielles. Toutes. Pas que les plats préparés (que je mange déjà peu, de toute façon), mais ce qui est pré-préparé, comme la sauce tomate, les gâteaux, les crèmes desserts…
  • ne manger que des fruits et légumes de saison (il faut aussi que je me renseigne sur les saisons de pêche).

Pas évident de prendre ce genre de décision lorsqu’on a une cuisine anti-pratique et un gourmand invétéré à la maison. Parce que non, je n’allais pas prendre cette décision seule. Je vis avec un époux, et un bébé. Si tout le monde ne se loge pas à la même enseigne, on le sait, tout est voué à l’échec. Au bout du rouleau de la santé, j’ai fait part de ma décision à Monsieur et la décision a été acceptée sans problème.

 

Premiers constats

Voilà dans quelle aventure je me suis donc lancée il y a un mois. Ce n’est pas facile, croyez-moi.
J’ai perdu l’habitude d’équeuter les haricots verts, comme quand j’étais petite, d’émonder mes tomates, de presser mes citrons. La plupart du temps, je me prive carrément de dessert. Bizarrement, c’est ce que j’ai le moins le temps de préparer. Mais je suis en exploration.

C’est tellement pratique d’ouvrir une boite de sauce tomate, une bouteille de jus de pomme ou un sachet de parmesan rapé. Mais c'est plus appétissant de manger du vrai. Non ?

Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est qu’en à peine quinze jours de changement d’alimentation, les symptômes se sont déjà atténués ! Je suis impressionnée.

Je suis aussi un peu honteuse de ne pas l’avoir fait depuis bien longtemps alors que je le voulais. Ça a pris du temps pour me mettre en action. Nous sommes souvent notre propre frein. Cela sortait sans doute trop de ma zone de confort.
Les quelques écarts que j’ai pu faire n’ont pas fait de mystère : rechute directe de l’état de santé. Malbouffe ou trop gras : adios l’énergie, bonjour les symptômes.
L’important, c’est de tenir bon et continuer après les écarts. J’espère qu’en vous en parlant, cela m’empêchera de me décourager.

C’est de tout ça dont j’ai envie de parler ici en ce moment. J’y reviendrai, donc, pour donner des nouvelles, un peu.

Si cela vous intéresse, voici les liens vers les livres cités dans cet articles, qui sont de petites perles si vous êtes comme moi, ou si vous avez envie d’en savoir plus* :

Avez-vous vécu des situations similaires ? Vous suivez aussi ce type de préceptes ? Comment est-ce que ça se passe pour vous ?

Ce sujet vous a plu ? Vous voulez en savoir plus ? Laissez un commentaire !

* : eh oui j’avais parlé de ces remarques sur mon poids ici
**: attention, je ne change pas de régime alimentaire, je mange toujours tout ce que j’aime, mais selon les quatre principes cités plus haut
*** : les liens sont affiliés. Pourquoi ? Eh bien parce qu’en accumulant les centimes gagnés avec l’affiliation, peut-être que d’ici… 5 ans ? Je pourrais enfin m’acheter un scanner pour enfin vous montrer des dessins propres et pas des photos retouchées toutes caca. Merci d’avance pour votre clic-achat ! 😉

Edit 8 sept. 2017 : plusieurs mois après la publication de cet article, je l’ai modifié. Rien qui ne change le propos du contenu, j’ai simplement allégé l’intro, pour des raisons dont je n’ai pas envie de parler ici mais qui me restent un peu en travers de la gorge. Mais bon, ça arrive.

Tristesse infinie

La semaine dernière, mon petit cœur s'est fendillé de toutes parts. Et comme je sais ce que c'est d'avoir le cœur brisé en mille morceaux, j'ai beaucoup pleuré depuis. Maintenant, j'essaie de récolter des paillettes pour rendre quelqu'un heureux. Je me sens tellement inutile...

Je ne sais pas si c’est l’approche de la quarantaine, mais chaque semaine apporte son lot de drame. Et quand je dis drame, le mot est choisi. Peut-être n’avons-nous plus le choix ? Peut-être avons-nous le dos au mur ? La vie ne nous fait sans doute plus de cadeau, à cet âge. Elle voit disparaître nos proches, notre santé, nos espoirs.

Je sais que ce petit paragraphe, et même cette note entière n’a rien de réjouissant, mais on ne peut pas être constamment au top. c’est fatiguant d’être au top. Et parfois, les gens ont peut-être juste besoin qu’on pleure avec eux.

Ma chance a sans doute été, depuis quelques années, malgré un entourage qui rétrécit comme peau de chagrin, d’avoir un groupe d’irréductibles pour m’envoyer des ondes positives, des paillettes, des prières et des licornes à chaque fois que j’ai rencontré une difficulté. Ce n’est pas concret, mais moralement ça aide à tenir le coup. Je n’ai sûrement pas pensé à assez de monde quand j’ai projeté mes propres ondes positives dans l’Univers. Il va falloir que j’ajoute un certain nombre de personnes, auxquelles je tiens, à mes prières et listes de gratitudes.

Je me suis sans doute trop lamentée dans mon coin d’avoir perdu des amitiés, il est temps de prendre encore plus soin de celles qui sont encore là.

Dessiner autrement

Il s'est passé quelque chose d'assez étrange l'année dernière. Je veux dire, en dehors d'avoir passé ma grossesse planquée dans un coin comme un chat qui se fourre dans le linge propre pour mettre bas. Voilà, j'avais un contrat pour quelques illustrations, un truc très cool qui me motivait vraiment. Et puis, en cours de route, la flamme s'est envolée, j'ai eu la gerbe, ai été accablée de fatigue et incapable d'honnorer ce contrat dans les temps. Cela a fini de m'achever. Suite à cela, j'ai pris une décision que je pensais ne jamais prendre de ma vie car cela mettrais un terme à mon "rêve" : Plus jamais d'illustration dans un cadre pro. Pas comme ça. Trop de pression, de contraintes, plus aucun plaisir. Bref, j'ai dit STOP. Je me suis fait une raison. Et puis, de toute façon, je n'arrivais plus à dessiner. BASTA. Et puis je ne sait pas ce qui m'a pris, j'ai voulu faire inktober. Comme d'habitude depuis des mois : Syndrome de la page blanche. Ni idée, ni thème, rien. Alors, pour le premier dessin, je me suis résignée. Tant pis. Je ne ferai rien de particulier. Et je ferai bien ce que je veux. Ça fait des années que je cherche un style en vain, ça ne fonctionne pas. Résignée, je vous dit. Alors j'ai pris un modèle sur instagram, j'ai ajouté des fleurs, juste parce que j'en avais envie. J'ai dessiné quelqu'un dont j'aime bien le compte, avec un élément qui m'entrainais. Et... bah c'était carrémen bien. Depuis quand je ne me suis pas dit que j'avais fait un truc carrément bien ? Je ne sais même plus. Des années, sans doute.

 

inktober
Modèle : Fériel, du blog matoushi.com

 

La thème était trouvé, le style une aventure. Le lendemain j’ai réessayé, et encore, jusqu’à ce que l’ensemble de s’affine. Je suis émerveillée de ce que j’ai trouvé après m’être arrêtée pendant plus de 6 mois. Ce n’est pas exceptionnel, mais c’est à moi.

Sans doute seuls ceux qui cherchent comprennent ce que je raconte ici ? Mais c’était vraiment comme une lumière au bout du tunnel. Avec mon énoooorme ventre, je me suis retrouvée à dessiner tous les jours, juste pour le plaisir, juste des choses qui me plaisent. Et c’est cool.

Quelques autres extraits de cet inktober :

 

 

inktober
Modèles : Tokyobanhbao, Esaika, Stéphanie Zwiki, Le Loire en papillon

 

Tout un tas d’autres dessins sont visibles sur mon compte instagram, et j’y poste des nouveautés régulièrement. Si cela vous intéresse, laissez un commentaire, je ferai un autre article 😉

La question c’est : Qu’est ce que je vais faire de tous ces dessins, maintenant ? Je mets les originaux sur ma boutique Etsy ? Vous voulez des prints ? Ou je continue à dessiner gentiment pour moi encore et encore ?

 

Les liens des modèles de ces 5 dessins, si ça vous intéresse :

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Le retour de la flamme

Cela fait un an que je n'ai rien posté sur ce blog... excepté un post sur la perte de ma créativité en septembre dernier. L'année dernière a été très particulière. Déjà, ma flamme s'est envolée. Ma créativité est partie. Avec elle, mon envie de dessiner, d'écrire, de créer quoique ce soit. J'étais mal. Et puis, la flamme est revenue. En janvier, j'ai recommencé à avoir envie. En février, j'ai recommencé à écrire. Et même que j'ai recommencé à dessiner. En fait, je crois qu'il m'a tout pris pendant 9 mois. Ma panne créative a commencé après ma dernière note du mois de mars. Comme par hasard. Elle était là. La flamme. Elle se faisait bouffer par cordon ombilical. Et vous savez quoi ? Elle est magnifique, cette flamme, maintenant qu'elle est de retour. Et en plus, elle a transformé un tas de choses dans ma vie. Y compris ce que je suis capable de dessiner.

Bon, et du coup, j’ai un tas de trucs à vous raconter. Et pas des trucs pour élever son enfant, promis (j’ai ouvert un autre blog pour ça, ahahah!)

Soit dit en passant, vous aussi vous avez subi un changement radical pendant votre grossesse ? Vous avez aussi perdu quelque chose, ou gagné une envie ou un talent que vous ignoriez ?

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Créativité : à la recherche de la Flamme

Je me décide enfin à écrire quelque chose après de longs mois sans un mot sur le blog.
Je ne sais pas si c’est une bonne idée d’en parler, mais on va dire que c’est un début. Voilà, il y a quelques mois de cela, quelque part au mois de mars, j’ai arrêté de poster à cause d’un excès de travail que j’ai du endiguer. Et puis, lorsque j’ai enfin eu à nouveau le temps, je me suis rendu compte qu’il s’était passé quelque chose.

J’ai perdu la flamme.

crise de créativité : j'ai peru la flamme

Je l’ai cherchée partout.
crise de créativité : je l'ai cherchée sous le lit

crise de créativité : je l'ai cherchée dans le frigo (même s'il est minuscule)

crise de créativité : je l'ai cherchée au bureau

crise de créativité : je l'ai cherchée dans mes livres et mes carnets

crise de créativité : je l'ai cherchée sur assos.fr
J’aurais aimé la chercher au musée, mais je n’ai pas eu le temps d’y aller.

Je n’ai pas retrouvé la flamme.
C’est un vrai challenge pour moi d’écrire cette note sans savoir si j’arriverai à l’illustrer. Cela fait 5 mois que je ne dessine plus rien, ou presque plus rien. Je n’écris plus non plus. Je suis fatiguée et déprimée. Je suis en pleine crise de créativité.

Le plus fou dans cette histoire c’est que je m’étais préparée à changer légèrement de cap pour le blog, je voulais écrire sur le bien-être au quotidien. Les questionnements, exercices, les trucs que je mets en place pour aller bien et me sentir bien avec moi-même après des années d’estime de soi au fond des chaussettes. Car je sais que la déprime a toujours une fin, je sais que ce n’est que temporaire. J’ai des astuces pour passer outre ma nature tristounette (à moins que ce ne soit dû à une intolérance alimentaire ?) mais ces temps ci, elles ne m’aident pas à retrouver la flamme de la créativité.

Je cherche toujours la flamme, celle qui me pousse à me lever le matin, à créer, à entreprendre, à donner vie à des projets. Elle ne m’a jamais quittée. Si vous la trouvez, faites-moi signe.

crise de créativité : Pancarte Wanted de la Flamme

Une vie sans créer ni entreprendre est pour moi d’une infinie tristesse. Bien entendu je ne passe pas mes journées à me morfondre, la vie s’est très bien occupée de moi ces derniers mois pour remplir mon temps et utiliser mon énergie. Mais la flamme me manque. Elle était là quand j’étais seule, quand je n’avais pas confiance en moi, quand je n’avais pas d’amour, quand j’étais une dessinatrice un peu nulle.
La créativité a fait de ma vie un chemin fleuri que j’ai aimé parcourir même dans les périodes les plus difficiles, et il y en a eu des franchement pas marrantes. Pour le moment, ma vie ressemble à une route bétonnée.

Toute idée lumineuse pour retrouver la flamme sera la bienvenue. Si vous avez des suggestions, laissez donc un petit message en commentaire. Si vous aussi vous voulez trouver une vie créative, restez dans le coin, vous aurez peut-être des conseils.

Je vous tiens au jus si je la retrouve.

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PS : un gros mois s’est écoulé depuis la rédaction de cet article, c’est le temps qu’il m’a fallut pour me mettre à l’illustrer. J’ai aperçu la flamme, au loin. J’espère avoir la force de continuer à écrire ici et que nous puissions évoquer ensemble le retour de la créativité (si elle revient).

Emploi du temps : Si, on peut caser beaucoup de choses en une journée

Cela ne vous aura pas échappé, je n’ai pas écrit depuis trois semaines. Je ne suis pas en panne d’inspiration, c’est pourquoi j’ai eu envie, aujourd’hui, de prendre enfin un peu de temps pour écrire et dessiner et vous raconter un peu mon quotidien et mon emploi du temps depuis deux mois.

Depuis février, il m’est plus compliqué d’écrire sur le blog, pour une question de temps. Je ne l’ai absolument pas fait passer un cran en dessous dans mes priorités.

Tout a commencé en décembre, lorsque j’ai commencé ce job dont j’avais d’ailleurs parlé ici. Un job vraiment cool, mais qui est à 1h de transports de chez moi (on ne va pas se plaindre pour la région parisienne, mais ça me prend tout de même deux heures dans ma journée, voire plus lorsqu’il y a des soucis d’exploitation, comme tous les jours de cette semaine).

Écrire un article ici me prend entre une demi journée et une journée entière, selon le nombre de dessins. Vous comprendrez donc que je les écris rarement d’une seule traite. Mais lorsque j’étais freelance, cela pouvait arriver. J’aménageais mon emploi du temps comme je l’entendais.
J’aimais bien me lever tôt, enchaîner mes heures de travail et dessiner l’après midi. C’était mon emploi du temps idéal.

Désormais, je me lève toujours tôt, mais je passe 1h dans les transports, 8h au travail et une autre heure dans les transports. Je finis ma journée tôt, j’ai de la chance, je peux être chez moi à 18h30. À cette heure ci, je suis déjà très fatiguée. Ceux qui me connaissent savent que l’énergie n’est pas ma principale ressource et que c’est pour moi une quête de longue haleine que de trouver comment en avoir plus. Bref, en rentrant à cette heure ci, j’en ai encore suffisamment pour faire à manger, écrire, mais pas dessiner. Bref, j’ai largement changé d’emploi du temps.

Je ne me plains pas, hein, qu’on soit clair ! J’explique juste la base.

Et puis, en février, il a fallu mettre en route les projets perso. Parce que j’ai beau avoir un job, je n’en suis pas moins associée dans une entreprise pleine de projets qui me tiennent vraiment énormément à cœur.

Depuis ce moment, mes journées ressemblent à ça :

9h30 : matinée de travail

7h : méditation ! 7h15 : affirmations 7h30 : douche 8h30 : transports et je dessine aussi pour Melle Dentelle Après-midi : travail 17h30 : transports 18h30 : mon deuxième travail

Enfin après tout ça je peux rentrer chez moi. Il peut être 20h30 ou 22h, ça dépend des jours. On mange très vite puis, en général, je m’écroule. Je n’ai plus le temps d’écrire, mais je me dis que ce ne sera pas pour toujours.

De plus, depuis début mars, je suis sur un troisième projet, que j’aurais pu refuser mais que je trouve vraiment sympa, alors j’ai accepté, folle que je suis ! Je m’accroche et fais en sorte de faire de belles choses pour ce projet aussi.
Dans cette même période, le travail s’est fait plus dense pour ma boite (nous préparons de nouveaux livres). Je ne consacre donc plus tous mes déjeuners au blog. Et je travaille le week end, aussi, souvent. J’essaie de répartir mon temps de travail de façon à ne jamais sacrifier mes nuits. C’est important de se connaître, non ?

Encore une fois, je ne me plains absolument pas. Je vous explique simplement pourquoi j’écris beaucoup moins ces temps-ci, et pourquoi je dessine encore moins.
D’ailleurs, j’avais prévu cet article pour la semaine dernière, mais j’ai été prise par le temps !

samedi : atelier de peinture !

Le samedi, je me lève aussi tôt qu’en semaine, et je me rends à mon atelier de peinture. Je dors le dimanche matin. Vous avez désormais une petite idée de mon emploi du temps dans lequel j’essaie de caser du repos, autant que faire se peut.

Je vous aime, hein, je reviens bientôt !!

*: Les chroniques Mademoiselle Dentelle, c’est ici !

8 mars : Journée de lutte pour les droits des femmes

Ce matin, j’ouvre ma boite mail. Etam propose une culotte achetée = une culotte offerte

Journée de lutte pour les droits des femmes : Mais allez brûler en enfer, Etam !

Aujourd’hui c’est la journée de lutte pour les droits des femmes. Gardez vos putain de culottes gratuites, épilations à -10% et autres conneries qui nuisent au but précis de cette journée !

Après une petite gueulante au studio où je travaille, mon boss me dit, goguenard : “Ah bah vous qui voulez une femme au pouvoir, vous allez avoir Marine !”
Mon sang ne fait qu’un tour. Passons sur Marine. Les féministes ne veulent pas prendre le pouvoir ! C’est quand même dingue d’en être encore à expliquer ça en 2017 ! On veut l’égalité !

Comme les hommes voient les choses en terme de pouvoir (qu’ils ont pris), ils estiment sans réfléchir (un mot et une action qui ont leur importance) que les femmes veulent le leur prendre. Enfin, là, je parle d’un truc dit par un mec qui décrit Wolwerine comme “le mec, là, qui a des épines dans les doigts.” Dois-je vraiment me fâcher ?

On pense égalité. On veut les mêmes chances, les mêmes traitements, le même pouvoir, les mêmes avantages que les hommes. Et sortez un peu la tête dehors. NON, ce n’est pas le cas.

Qu’est-ce que la journée de lutte pour les droits des femmes ?

Journée de lutte pour les droits des femmes : "L'on a proclamé les droits de l'homme, mais l'on a imposé des devoirs à la femme sans lui reconnaître aucun droit."

La journée internationale de lutte pour les droits des femmesJournée de lutte pour les droits des femmes : portrait d'une indienne en colère est nécessaire. Ce n’est pas parce que vous vous sentez dans un cocon que les femmes ont acquis des droits partout dans le monde. En Inde, des femmes peuvent encore être condamnées au viol collectif pour les fautes d’un membre de leur famille, pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres.

Je suis certaine que vous savez à quel point dans de nombreux pays les femmes sont considérées comme les inférieures des hommes, voire étant la propriété des hommes.

Si vous l’ignorez, c’était le cas en France il y a un siècle à peine. La mère de la mère de la mère de votre grand-mère était la propriété de son mari. Elle n’avait aucun droit, pas même celui de porter plainte si on lui avait volé son sac dans la rue, puisque le sac était la propriété de son mari. Quant à votre propre grand-mère, il est fort probable qu’elle aie dû demander l’autorisation à votre grand-père pour travailler ou avoir son propre compte en banque. Renseignez-vous, il ne la lui a peut-être pas donnée.

La journée de lutte pour les droits des femmes est internationale. Elle ne concerne donc pas uniquement notre situation.

Cependant elle sert aussi à se souvenir des droits acquis :

droit de vote, droit d’avoir son propre compte en banque sans l’autorisation de son mari, le droit de travailler sans l’autorisation de son mari, changement de la loi sur le mariage qui ne soumet plus la femme à son mari, droit d’aller à l’école droit à l'avortement, droit de porter un pantalon (et par extension : d’avoir une braguette, des poches, de porter des chemises), notamment au travail droit d'aller à l'école, puis de mener des études supérieures, possibilité d’avoir un enfant hors mariage sans être rejetée par sa famille et par la société

Pensez-vous pour autant être l’égal des hommes ?

  • Pourquoi dit-on que les garçons sont plus doués pour les matières scientifiques, si bien qu’ils occupent quasiment toutes les places lors des études supérieures, alors qu’au lycée, les filles ont de meilleurs résultats ?
  • Pourquoi dit-on qu’un gros mot est moche dans la bouche d’une fille alors qu’il est moche dans la bouche de tout le monde ?
  • Pourquoi me dit-on que je suis plus jolie quand je souris, alors qu’on ne dit jamais ça à un homme ?
  • Pourquoi considère-t-on qu’une femme qui a passé quarante ans et sort avec un homme plus jeune est une cougar alors qu’un homme qui sort avec une femme plus jeune est largement admis par la société ?
  • Pourquoi si je souhaite coucher avec beaucoup d’hommes, on me considérera comme une pute alors qu’un homme n’a aucune remarque concernant ses nombreuses conquêtes ?
  • Pourquoi une femme qui aime le sexe se traîne une mauvaise réputation et pas les hommes qui aiment le sexe ?
  • Pourquoi les femmes sont encore éduquées de manière à ne pas oser demander de gros salaires ou des augmentations ?
  • Pourquoi les garçons sont plus encouragés que les filles à faire des sports de combat ou des sports collectifs ?
  • Pourquoi mon neveu dit-il avec dégoût “ah beurk ! Je suis pas une fille, moi !” alors qu’il n’y a rien de dégoutant à être une fille ?
  • Pourquoi dit-on encore “t’es une fillette”, “tu cours comme une fille”, “tu pleures comme une gonzesse”, alors que les femmes sont sensées être l’égal des hommes ?
  • Pourquoi cache-t-on nos serviettes hygiéniques alors que la moitié de la population a ses règles une fois par mois pendant un tiers de sa vie ?
  • Pourquoi je ne peux pas pénétrer dans un grand nombre de lieux sacrés les jours où j’ai mes règles alors qu’elles sont le signe que je peux donner la vie et que vous existez grâce aux femmes aussi ?
  • Pourquoi se moquer, diminuer, harceler, violer, insulter, lincher celles qui sont vos mères, vos filles, vos sœurs, vos nièces ?

Je pourrais écrire encore des centaines de lignes comme ça, et c’est pour ça qu’il faut que la journée de lutte pour les droits des femmes EXISTE, et que tous ces marketeux devraient réfléchir un minimum avant de balancer leurs merdes par newsletter.

Sur cette réflexion, je vous laisse.

Ce sujet vous a plu ? Laissez un commentaire !

Vous voulez en savoir plus ? Consultez le site dédié à la journée de lutte pour les droits des femmes : http://8mars.info/

Bullet Journal : mode d’emploi illustré

Aujourd’hui, non seulement je vais vous parler de bullet journal (bujo de son petit surnom), mais je vais tenter de vous en faire un mode d’emploi, du moins une base pour commencer le votre, comme je l’ai fait pour snapchat il y a quelques mois (et je crois que ça sert à pas mal de monde !)


Pourquoi un bullet journal ?

Pour l’organisation ! On parle ici de l’essence même du bujo, pas des filofax proches d’œuvres d’art que l’on peut voir un peu partout sur internet.
Un bullet journal est fait pour S’OR-GA-NI-SER. Il est donc essentiellement fait pour les gens comme moi : les handicapés du planning, les souffreuteux de la procrastination, les indépendants, les freelances et, pourquoi pas (apportez-moi vos témoignages), les étudiants et autres mamans sur-débordées (et les papas qui font mentir les statistiques).

J’utilise donc le bujo pour tous les aspects de ma vie, qu’ils soient personnels ou professionnels. Pour organiser mes publications bloguesques, mes réseaux sociaux (la partie pro), le ménage, l’administratif. Bref, pour TOUT ce qui requiert de l’organisation.

J’ai commencé le mien au mois d’octobre et ça a CHANGÉ MA VIE. Pas de manière radicale, mais j’ai énormément gagné en sérénité. Et ça, croyez-moi, ça n’a pas de prix. Bien entendu, ça n’a pas réglé miraculeusement mes soucis de procrastination, mais cela m’aide au moins à gérer l’essentiel et à endiguer la masse de problèmes organisationnels que je rencontre au quotidien.

Pour vous donner un aperçu de mon souci, en commençant le bujo, ma to do list (professionnelle + personnelle) s’allongeait à

92 POINTS !

Je triais ces tâches en 3 priorités, mais ma priorité n°1 était constamment submergée, si bien que je ne pouvais même pas jeter un œil aux n°2 et 3.
Le bujo m’a permis de passer à une gestion quotidienne avec une vision à long terme moins omniprésente et donc moins culpabilisante. Désormais, si je fais ma liste complète de choses à faire, elle comporte 52 points. Oui c’est encore beaucoup, mais quel travail accompli !
Mon taux de culpabilité est passé de, disons, 98% à 34% (oui ces chiffres sont TOTALEMENT aléatoires !) Autant dire que côté santé mentale, je m’en sors beaucoup mieux.
D’où vient donc ce nom, bullet journal ?

Des puces (“bullet” en anglais) qui marquent les listes “à faire”. C’est le principe du bujo. Un bullet à cocher, à reporter ou à supprimer.
Bullet Journal : comment ça marche ?

Il y a plusieurs types de pages qui servent à l’organisation, mais globalement on peut diviser le bujo en 3 types de pages :

LES TRACKERS / LES DAYLIES / LES CALENDEX

 

Avant tout : le sommaire
Commencez votre bujo par un sommaire. Numérotez toutes les pages de votre carnet, et, à chaque fois que vous y ajoutez quelque chose, notez-le dans votre sommaire. Il sera la garantie que vous retrouverez toujours ce que vous cherchez. Ce n’est pas grand chose, mais c’est essentiel. Prévoyez au moins 4 pages pour ce sommaire, ça peut vite se remplir ! (Rappel pour les débutants : une feuille comprend deux pages et deux pages en vis à vis appartenant à deux feuilles différentes sont une double page).

BULLET JOURNAL : EXEMPLE DE PAGE SOMMAIRE AVEC REPORT DES FOLIOS

Les calendex
Un grand mot pour dire que c’est ta page de calendriers, quoi.
Ils servent à l’organisation à long terme : en notant vos calendriers à l’avance, cela vous permet de noter les jours où vous êtes pris, ceux où vous souhaitez réserver votre temps. Vous ne prévoyez jamais aussi longtemps à l’avance ? Et les mariages alors ?

En plus des quelques mois à venir, j’en fais un pour chaque mois, détaillé jour à jour en matin / après-midi / soir. J’y note mes impératifs, réunions, sorties, rendez-vous médicaux. Cela me permettra de savoir combien je dispose de temps pour mes daylies (oui, j’explique juste un peu plus bas).

Lorsque j’ai appris à constituer mon bullet journal, j’ai vu qu’on ne divisait cette partie “toute la journée” + matin + après-midi, mais pour moi, la partie “soir”, est super importante. J’y ai des activités, des sorties, des réunions, parfois du boulot. J’ai besoin de cette troisième section alors je l’ai faite. C’est ça le bullet journal : il s’adapte à vos besoin. Ce n’est pas à vous de vous adapter.

Vous pouvez aussi créer votre calendex sur l’année, jour à jour :

BULLET JOURNAL : EXEMPLE DE PAGE CALENDEX POUR PLANNIFIER SUR UN AN

les daylies
La partie to do list du bujo. Comme son nom l’indique (si vous avez un niveau d’anglais 6e + pratique des séries en V.O.), il s’agit de la gestion de vos tâches au jour le jour. Pour ma part, c’est la partie essentielle de mon bullet journal.

BULLET JOURNAL : EXEMPLE DE PAGE DAYLIES AVEC LES TO DO LISTS

Il va vous permettre de faire votre liste quotidienne de choses à faire et de noter ce que vous en faites : si elles sont effectuées, si vous les reportez, si vous les éliminez, etc.
C’est là qu’il va falloir déterminer une des choses les plus importantes pour tenir votre bujo sans vous prendre la tête :

VOTRE CODE

L’idéal est de la noter au début de votre journal pour ne pas l’oublier, mais nous y reviendrons. Par exemple, la mienne ressemble à ça :

EXEMPLE DE CODE POUR LE BULLET JOURNAL

Vous pouvez ajouter d’autres codes selon vos besoins, mais grosso modo vous avez surtout besoin de :

  • à faire
  • fait
  • reporté

J’ai ajouté urgent car malheureusement j’ai souvent des trucs trop procrastinés qui deviennent chaud bouillants (impôts, urssaf, boulot…) Bien entendu, inventez le code qui vous convient le mieux.

Chaque jour où vous en avez besoin, dressez votre liste, puis revenez-y autant que nécessaire pour la consulter ou la cocher ! À la fin de la journée, reportez ce qui n’est pas fait, et ajoutez ces choses à la liste du lendemain si ça s’y prête.
La gestion au jour le jour permet de ne pas se submerger d’informations au long terme qui ne feront qu’encombrer votre esprit. Il permet de rester concentré sur l’essentiel.

Oui, mais si je reporte toujours tout, à quoi ça sert ?

J’ai déjà lu que certaines personnes culpabilisaient de reporter toujours beaucoup de tâches à la fin d’une journée, car elles n’avaient pas fait ce qui était prévu. En ce qui me concerne, cela a eu l’effet inverse. Les daylies me permettent de déculpabiliser : mes premiers daylies étaient très fournis, comme les plannings que j’avais l’habitude de faire pour travailler… générant des retards incessants.

IL VAUT MIEUX REPORTER LES TÂCHES DANS SON BULLET JOURNAL PLUTÔT QU'AGRENDIR INDÉFINIMENT UNE TO DO LIST

Je suis donc passé d’une to do list d’une quinzaine de choses (parfois de petites choses, car je note tout), à des to do list de cinq points. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain.

Les  Trackers
Les trackers sont des pages un peu particulières. Elles permettent de traquer vos habitudes, les choses que vous faites de façon chronique. Cela peut-être vos routines du matin ou du soir, votre miracle morning, vos séances de sport

Le plus simple est de les présenter sous forme de tableau, comme ça :

BULLET JOURNAL : EXEMPLE DE PAGE DE TRACKER AVEC DATES ET ROUTINES

Les trackers sont vraiment super utiles si vous souhaitez prendre de nouvelles habitudes, par exemple. Personnellement, je les utilise essentiellement pour mon blog et pour… mon ménage. Oui, oui.

Côté blog, je trace une colonne par action, en face de chaque idée d’article :

  • écriture
  • dessin
  • couleur
  • scan/photo
  • photo pour instagram
  • mise en ligne
  • publication facebook
  • lien sur twitter
  • publication instagram
  • vidéo snapchat

Cela me permet de commencer plusieurs articles à la fois sans m’emmêler les pinceaux. Je le présente comme ça :

Tracker pour organiser son blog sur son bullet journal : colonne 1 pour les idées, puis une colonne par action à effectuer : dessin, mise en ligne, réseaux sociaux
là je vous met une photo de mon tracker, pas le courage de tout redessiné ! Notez que j’ai beaucoup plus d’idées d’articles que je n’ai le temps d’en réaliser !

Avec ces trois éléments, calendex, daylies et trackers, vous avez déjà de quoi bien vous organiser avec votre bullet journal.
Et, avez-vous remarqué ? Il n’est question nul part de “joli”, de “dessin”, de calligraphie ou de scrapbooking. Le but du bullet journal, c’est l’organisation, pas de faire un bel objet. Le bel objet est totalement optionnel. Cela peut avoir un aspect motivant, pour donner envie d’ouvrir les pages de votre carnet.
Les suppléments que j’ai ajouté à mon bullet journal

Pour faciliter mon organisation, j’ai ajouté des rubriques que je note, bien entendu, dans mon sommaire ! C’est là qu’il va s’avérer essentiel : il pourra suivre votre inspiration tout en vous permettant de vous y retrouver.

I’ll do that later
Les daylies c’est bien joli, mais il y a des choses à long terme que je dois faire et que j’ai très peur d’oublier (l’oubli joue aussi son rôle dans la procrastination). C’est donc sur cette page que je note mes tâches à long terme. Je la consulte régulièrement, bien entendu, lorsque mes daylies sont moins chargés, ou que j’ai du temps pour faire plus de choses.

Planning du nanowrimo
C’est le seul planning à objectif que je me donne sur l’année car l’objectif du nano est chiffré. Je ne prévois pas forcément d’écrire 1667 mots par jours, car ils sont une moyenne et ne sont pas représentatifs de la façon dont je vais gérer mon mois. Par exemple, cette année je me suis fixé de gros objectifs les deux premières semaines afin de pouvoir écrire moins de mots en fin de mois, pour pouvoir dormir et préparer mon arrivée dans ma nouvelle boite de manière sereine !

Comptes rendus de réunions
je prends mes notes de réunion directement dans mon bujo, comme ça je suis sûre de ne plus les perdre parce que je les aurais laissées sur une feuille volante !

Mon boulot en freelance
Il mériterait un bujo à lui tout seul, mais le but est de TOUT avoir au même endroit pour ne rien perdre. J’organise mon travail sur le même principe que mes daylies, mais de façon à ne pas mélanger mes notes informatives et mes tâches.

BULLET JOURNAL : EXEMPLE DE PAGE D'ORGANISATION DE TRAVAIL, EN SÉPARANT LES NOTES UTILES DES TÂCHES

Mais aussi :

  • Ma liste de courses
  • Mes idées de cadeaux de Noël
  • Mes plans pour mon site internet et mon book
  • Une pochette qui conserve tous les papiers qui me sont utiles ou que je ne souhaite pas perdre : ordonnances, notes de visites, croquis pris sur feuilles volantes…

 

Que se passe-t-il lorsque j’ai fini mon bullet journal ?

Comme pour les tâches que l’on reporte, n’oubliez pas de reporter dans votre nouveau carnet tout ce que vous voulez garder !! Exit le vieux sommaire et les daylies, mais reportez les to do list à long terme, les notes de projets, etc.

Cela demande un peu de travail, mais vous voulez vous organiser ou non ? Bon !
Je pense que vous avez là une bonne base pour commencer votre propre bullet journal ! Comme on peut y mettre beaucoup de chose, cet article serait sans fin si j’en disais plus pour le moment. Mais n’hésitez pas à poser des questions en commentaires si vous souhaitez en savoir plus ou avoir des explications sur des points particuliers !

Et vous, vous avez aussi un bullet journal ? Quelles rubriques avez-vous ajouté pour votre propre organisation ? Cela vous a-t-il aidé à lutter contre la désorganisation ? Comment gérez vous la culpabilité ?

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